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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 20:54

twilight.jpg
Once, I thought I would be king,
and get a piece of anything


Le concert des Gutter Twins à peine digéré, je me replonge dans les disques de Dulli et je me remets dans les oreilles ce diamant qu'est le premier album de ses Twilight Singers. Quelle claque ! Je suis complètement dingue de ce disque, je suis même en train de le préférer à Powder Burns, leur dernier en date. Il fait désormais partie, pour moi, du club très fermé des disques méconnus que j'ai trouvés bons à la première écoute, excellents à la deuxième et absolument intouchables à la quinzième. Ajoutez à cela que j'ai pu entendre quelques morceaux dudit album en live, et là vous obtenez une addiction, une obsession, et deux ou trois écoutes quotidiennes. Ce disque sera donc définitivement associé pour moi à une période de ma vie, sera à jamais porteur de cette période, sera sa madeleine (puisque pour évoquer un temps suspendu, définitivement cristalisé, on a encore pas trouvé mieux que Marcel et sa madeleine). Les disques qui changent la vie ne la changent pas forcément d'une manière radicale, ils consolent d'exister comme dirait Crumb, ils vous accompagnent, ne vous laissent pas tomber. Ainsi en va de tous les disques de Lanegan, et de ceux de Dulli.

Premier album des Twilight Singers, Twilight as played... est une pure merveille. La production y est soignée, le piano toujours délicat, et Dulli a le génie de laisser la part belle à des chanteurs fabuleux. Cet album met en valeur un des amours de Dulli, la soul, sans tomber dans les clichés que peut véhiculer cette musique, et surtout il y apporte sa touche, mélancolique et sombre, et son lyrisme. Chaque note du disque semble avoir été jouée avec le plus de soin possible, et que dire des voix... Dulli murmure sur Love, hausse le ton sur Annie Mae, la voix magnifique de Chichester survole de sa finesse Into the street, tous les invités de Dulli se sont mis au diapason et ont donné le meilleur d'eux-même. Le résultat est bouleversant, quelles voix ! Nom de dieu ce Chichester est fantastique.

Tout, dans ce disque, est touché par la grâce, l'ensemble est empreint d'une gravité qui ne sied qu'aux grandes oeuvres (les sans talents qui s'y essaient se ramassent pathétiquement). Le début de King only, chuchoté par Dulli me renverse à chaque fois, tout comme Into the street, belle à chialer.

Et quand les voix se taisent, le temps de deux instrumentaux, l'émotion est encore là, la tension aussi (la basse entêtante de Verti-Marte morceau dans lequel on peut entendre des françaises dire, en français dans le texte, des trucs comme "le meilleur est d'être roi au démon que serveur au paradis"). L'album se termine par Dulli chantant "everything's gonna be allright" et on se prend à penser la même chose, même après tant de mélancolie feutrée.

...

En vidéo, un live de King only.


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