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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 11:11


Depuis 1999 et l'hallucinant Pre millenium tension, je n'ai suivi que de très loin les travaux de Tricky. Les reviews polies de ses albums laissaient penser ce que je redoutais : le génie de Bristol était allé trop loin, trop vite et s'était cramé les ailes. Pourtant, il semblait poursuivre sa route du mieux possible, en essayant moins de faire mieux que différent. Exilé à Los Angeles, loin donc de la grisaille de Bristol et de sa banlieue, Tricky, adoubé depuis longtemps par la presse, se cognait contre une réalité évidente : toute sa carrière se ferait maintenant à l'ombre de ses deux premiers chefs-d'oeuvre, Maxinquaye et Pre millenium tension. Sur Vulnerable, il tentait un truc casse gueule : essayer de faire une musique accessible au plus grand nombre, sans pour autant renier ce qu'il est, ce qui donnera lieu à des collaborations douteuses (Cyndi Lauper et Alanis Morrissette, ça refroidit quand même), et à un disque à oublier.

La sortie de Knowle west boy (du nom du quartier où il a grandi) sur un autre label n'a rien changé : les chroniques ont à nouveau convoqué Maxinquaye pour évoquer les nouvelles compos de Tricky, laissant entendre que cette fois était la bonne : Tricky est vraiment de retour, et ouvrez vos oreilles, c'est au moins aussi bon que ce qu'il a fait de mieux. Bon, comme d'hab, la presse tente de nous faire passer des vessies pour des lanternes. Knowle west boy est à la fois rassurant et inquiétant, frustrant. Il est en effet ce que Tricky a fait de mieux depuis des lustres, une décennie en fait. Il contient de bons morceaux, et des choses beaucoup plus anecdotiques. Le problème étant que les bons morceaux n'apportent rien, ne sont plus inventifs, ne défrichent plus de nouveaux horizons musicaux comme autrefois, ils sont juste bons. On a droit à une ballade mélancolique, réussie, mais d'autres que lui aurait pu la sortir, alors que personne n'aurait pu écrire comme lui avant. On a droit à beaucoup de titres différents, Tricky décrivant lui-même ce nouvel effort comme une sorte de mix-tape, à la manière des compils maisons qu'on se faisait entre potes sur cassette. Le tout est donc frustrant : ça fait un bail que j'attends son grand retour, et qu'il ne vient pas. paradoxalement, ce disque est tout de même aussi assez rassurant : d'abord parce que Tricky semble vouloir retrouver ses racines (son quartier, et ce qu'il ressentait en y vivant, éternel gamin qui n'a sa place nulle part, trop blanc pour les noirs, trop noir pour les blancs), ensuite parce qu'il contient de bons moments, comme si la machine allait être relancé un de ces quatre. Patience, donc.

Finalement, moi aussi je tombe dans le panneau et je suis incapable de juger d'un disque de Tricky en occultant ce qu'il a fait avant. Le génie ne souffre pas l'ordinaire. Tricky en fait l'amer constat tous les jours depuis dix ans maintenant.

Tricky à la grande époque :


Tricky 2008



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Published by Ben - dans freretoc
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commentaires

Ju 10/08/2008 14:24

Bonjour,
Nous aussi avons chroniqué ce disque :
http://www.desoreillesdansbabylone.com/2008/08/tricky-knowle-west-boy-2008.html
Musicalement,
Ju