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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 12:51


A Matt, mon frère de rue

A chacun ses films cultes. Quand on a été ado dans les années 90, évidemment, on retrouve bon an mal an et pas forcément dans cet ordre : Pulp fiction, Trainspotting, Fight club... Ces films sont entrés dans le panthéon du cinéma, ils apportaient des nouveautés formelles, et chacun à sa manière proposait une manière subversive de voir le monde, ce qui a fait couler beaucoup d'encre. Pulp fiction a été taxé de film débilitant, gavé de violence gratuite, Trainspotting serait une apologie de la drogue (sic), et Fight club a été vu par nombre de critiques réactionnaires comme un film fasciste (rien que ça). Quel rapport avec Les Apprentis de Salvadori me direz-vous ? Aucun. Si ce n'est que ce film est devenu, pour moi, à la même période, aussi culte et important que les films de Tarantino, Boyle, et Fincher.

Salvadori est un réalisateur qui semble condamné à sortir des films qui seront toujours qualifiés de "bons petits films". "Bon" parce que très bien écrit, "petit" parce que le réalisateur est toujours tendre avec ses personnages et qu'en France, une comédie ne peut pas être un grand film. Voilà. Salvadori fait des bons petits films. Il s'appellerait Woody Allen, Les apprentis serait au pire un bijou, au mieux un chef-d'oeuvre. Mais il s'appelle Salvadori...

Sorti en 1995, Les apprentis est une merveille d'écriture, dans laquelle excellent Guillaume Depardieu et surtout l'immense François Cluzet. Les deux acteurs portent le film et les dialogues semblent taillés pour eux. Je ne sais pas s'ils ont improvisé pendant le tournage, mais l'entente entre les deux est palpable, on sent qu'ils ont pris un réel plaisir à tourner ensemble. Le film captait à merveille l'époque et en cela il n'a pas pris une ride. En pleine période pouvoir d'achat, on y voit deux losers qui ont réellement du mal à joindre les deux bouts et ne doivent d'avoir un toit au-dessus de leur tête que grâce à un pote.

Alors oui, pour moi ce film n'est pas qu'un "bon petit film". C'est un film culte, dont je connais par coeur les dialogues, souvent hilarants et qu'on se refaisait inlassablement entre potes. "Tu peux pas pisser sur le bord comme tout le monde ?" "Faut que je m'affirme, sinon j'ai pas l'impression de pisser". Les dialogues, justement. Ils sonnent justes, tout le temps. Salvadori se paye même le luxe de faire dire à Depardieu ce qu'un fils peut dire de pire à son père : "tu sais, grand-père avait raison, il m'a toujours dit, c'est triste mais ton père est un crétin..."

Les apprentis est un film doux amer, faussement dilettante et finalement profond et grave. La dernière image redonne espoir, le personnage de Cluzet semblant refaire surface, regoûter à la vie, aux plaisirs simples de jouer, après une sévère dépression. Et Salvadori, à travers le personnage de Cluzet, transmet parfaitement ce besoin de vivre, quoi qu'il arrive, de surmonter les doutes et de saisir l'instant présent. Alors voilà, ce petit film est dans mon panthéon perso, et je lui voue un vrai culte.

ps : le coup de l'histoire de la petite cousine (voir la vidéo), si vous voulez le faire, assurez-vous d'être avec un pote compréhensif...

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Published by Ben - dans freretoc
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