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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 12:27

Detroit. La Motor city qui a vu la naissance des Stooges, du rock de petits blancs habités par le diable du blues, et surchauffé au métal. Lourd, des riffs comme des uppercuts. Une urgence qui balaie tout sur son passage. Quarante ans plus tard, Detroit est encore et toujours un vivier d'héritiers de cette tradition de rock puissant, mâtiné de blues, joué pieds au plancher. Pas un hasard, donc, si dans les notes (très succintes) de pochette du génialissime We came in peace de Brimstone Howl on apprend que le tout a été enregistré à Detroit. Ce disque est miraculeux. Que des types s'acharnent encore à jouer ce genre de musique, à une époque où on encense MGMT, c'est rassurant, et ça fait un bien fou, comme lorsque vous lâchez un doigt d'honneur vengeur au connard qui vient vous dire d'arrêter de picoler, de fumer ou que "merde, t'en as rien à secouer de ce qui se passe au Tibet ?!!"

L'intro de l'album est saisissante : une batterie métronomique, énorme, qui pilonne à 200 à l'heure une rythmique binaire et primaire, ahhh, putain, c'est simple le rock, et qu'est-ce que c'est bon ! Ecouter leur disque, c'est comme monter dans des montagnes russes, c'est génial et on n'a qu'une seule envie, y retourner. On navigue tout du long en territoire connu, certes, mais tout est joué avec une honnêteté désarmante : ça sent la bière, la sueur, c'est parfois psyché, parfois sombre, mais le plus souvent franchement réjouissant, avec des riffs tranchants, des guitares qui se répondent comme deux soeurs siamoises et un chanteur excellent, genre Iggy période Stooges. Brimstone Howl est un groupe qui, comme pas mal en ce moment, synthétise un nombre incroyable d'influences (ici ça va du rockab au punk, du psyché au Velvet) et balance ça les yeux révulsés, les veines tendues en un cri primal, question de vie ou de mort. Et fait que malgré tout, malgré le fait qu'on pourrait se dire qu'on a déjà entendu ça, eh ben... on n'y arrive pas.

Et les quatre gaillards sont aussi capables, dans ce maëlstrom jouissif, de glisser une ballade flippante, avec une rythmique rappelant certaines partitions de Morricone, une ambiance de nuit mexicaine sans lune, avec un chanteur qui parle plus qu'il ne chante (The world will never know le tout servi en écoute ici même !). Quoi qu'il en soit, ne vous fiez pas au titre de leur album, les Brimstone Howl ne viennent pas en paix (pour ce qu'ils en ont à secouer, de la paix), non, ils apportent le chaos, la morgue, le vice, et je ne vais pas m'en plaindre.

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Published by Ben - dans freretoc
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commentaires

Ben 14/02/2009 19:06

rendons à César... c'est à toi que je dois la découverte du groupe, je l'avais repéré dans ta liste des albums de 2008. Et puis j'ai écouté quelques extraits, j'ai craqué sur la pochette (que je trouve géniale)... résultat : c'est monstrueux ! Le rock ça a du bon. Acheter des disques, ça a du bon. et oui, tu as raison : ils transcendent leurs influences, nettement.

Max 14/02/2009 17:50

J'ai bien fais de pas le chroniquer celui là...C'est juste parfait comme ça.... bravo mec !!!Ce disque est tout simplement énorme... disons le clairement, ces mecs dépassents leurs influences... c'est du talent brut et c'en est presque dérangeant vu leur âge !Ecoute "Guts of Steel"... c'est presque aussi bon.