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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 12:36

A ma tante Catherine qui lit depuis peu ce blog,
et à qui j'ai fait écouter du Belle and Sebastian au siècle dernier...

Entre Belle and Sebastian et moi, c'est une longue histoire, une idylle de douze ou treize ans (quand on aime, on ne compte pas).
Tout a commencé avec un album de pop feutré, presque malingre, If you are feeling sinister qui imposa l'imagerie du groupe (photo classieuse passée dans un filtre de couleur, rouge, vert, jaune, directement inspiré des Smiths). Depuis ce disque, les Ecossais ont régulièrement sorti des albums fabuleux, que j'associe toujours à leur couleur (le vert The boy with the arab strap, le jaune Dear catastrophe waitress...). J'ai même eu la chance de les voir trois fois en concert. Je les suis donc depuis le début, et je dois avouer que j'étais loin de m'imaginer qu'ils prendraient une telle ampleur, une telle importance dans ma vie, et qu'ils marqueraient l'histoire de la pop.

Comment j'aurais pu deviner, en écoutant If you are feeling... en 1996 qu'en 2001 ils se retrouveraient sur une scène à Belfast en train de livrer une version rageuse de I'm waiting for the man du Velvet ? J'aurais pu, j'aurais dû. D'abord Stuart Murdoch, le mélodiste surdoué du groupe n'a jamais caché son admiration pour la bande à Lou Reed, ensuite, dès leurs débuts, les Belle and Sebastian semblaient habités d'une foi inébranlable dans les saintes écritures pop et rock n'roll. Et surtout, ils ne pétaient pas plus haut que leurs culs, ce qui rendait immédiatement attachantes leurs chansons, voire plus : essentielles.

La sortie de la compilation Push barman to open old wounds (un double album rassemblant tous les ep du groupe) avait des allures de bilan, comme si les Ecossais nous disaient : "voilà ce que nous avons fait, maintenant commençons un autre chapitre". Cet album (car c'en est un, c'est bien plus qu'une compilation) ne contient que des merveilles d'écriture, des mélodies époustouflantes, absolument brillantes, tantôt gorgées de soleil, tantôt mélancoliques, et venait conclure en beauté une douzaine d'années de carrière, qui ont permis non seulement au groupe de devenir réellement culte (le mot, ici n'est pas galvaudé) mais aussi de devenir une référence incontournable en matière de pop. Désormais, lorsqu'un album pop sort, on peut jouer les snobs et balancer "pfff, c'est pas du Belle and Sebastian..." ou alors (et c'est rare en ce moment) "ouah, c'est presque aussi bien troussé que du B&S". Tout ça est parfait... enfin il manque quelque chose à ce tableau sans tache, non ? Allez cherchez bien... C'est dans le titre du post pour ceux qui ne suivent pas... Eh oui, un live !

Comme d'habitude avec la bande à Murdoch, on en a pour son argent : un double-album, encore. Un cd consacré aux fameuses Peel sessions : le son y est léché, les morceaux sont fabuleux, mais le tout est trop feutré, il manque à ce live le public, finalement. Tout sonne trop studio, trop studieux. Le deuxième cd est constitué d'un concert capté à Belfast en 2001 et là, on tient le grand live que méritait le groupe depuis longtemps et peut-être bien leur meilleur album ! Dans une ambiance survoltée, B&S enchaîne ses classiques avec morgue, fougue, classe. Pour se mettre dans l'ambiance, ils débutent par une reprise des Beatles Here comes the sun, respectueuse, donc magnifique. A chaque fois avec ce morceau, ça me fait le même coup : le soleil débarque, et accroche un sourire béat à mes lèvres. Au rayon des reprises, la version de I'm waiting for the man est proprement hallucinante, elle me met en transe, on y sent le groupe lâcher la bride, se laisser emporter et, mieux encore, dépasser par ce morceau immense, tranche de vie morveuse autrefois balancée à 300 à l'heure par un Lou Reed en manque. Et ils se tiennent là, ces Ecossais chétifs, probablement biberonnés au fish and chips à des lieues de l'univers urbain dépeint par Reed, et ils le prennent à bras le corps ce putain de morceau et ils dévastent tout sur leur passage. Et Belfast de vaciller. Le mieux dans l'histoire, c'est que les dix autres morceaux de ce concert, tous de B&S, tiennent la comparaison sans problème avec la perle Beatles et le sommet du Velvet. Tout au long du concert, on entend un groupe soudé, bourré d'humour (quand le guitariste chante be far away from my wise senorita dans une version mariachi-pop réjouissante), livrant une prestation solide, énergique. Les Ecossais forment une famille, chacun vient faire les choeurs à un moment ou un autre, on entend de la trompette, des claviers, des violons, et la magie opère, à chaque fois. Et la tracklist est hallucinante : Legal man et son côté rétro sixties psyché, le violon émouvant de The model, et l'exaltation de Dirty dream number two... Les morceaux de If you are feeling sinister sont métamorphosés sur scène, il faut entendre Me and the major avec son harmonica epileptique, et Murdoch se lâcher complètement, vociférer "he remembers all the PUNKS and the hippies too" et changer les paroles juste après ! Ouais, on le tient définitivement le grand live de Belle and Sebastian : un concert dans lequel on entend un groupe habité, heureux d'être là, et qui a un paquet de mélodies parfaites en poche. Bref, pour paraphraser l'ami Max sur Mudhoney (sans son autorisation, mais je l'emmerde, héhé) : Belle and Sebastian, je t'aime, putain je t'aime !!!



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Published by Ben - dans freretoc
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commentaires

Max 22/03/2009 10:23

C'est moi qui t'emmerde... sale punk !