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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 20:30

http://www.projectbluefoot.com/wp-content/uploads/2009/06/erinpatton-mosdef.jpg

Black on both sides brille d'un éclat rare, et est guidé par une intelligence toujours en éveil, prête à accueillir des sonorités au spectre incroyablement large (soul, hip hop, jazz, rock). Cet éclat qui frappe l'oreille et la rétine (nombreuses images apparaissent à l'écoute - Brooklyn écrasé de chaleur, un métro urbain déserté...) provient d'un agencement millimétré de samples précis, terriblement évocateurs (la guitare solitaire et mélancolique de Speed law doublée par un clavier fantômatique), et du sens inné de Mos Def de capturer sa vie, de l'encapsuler en musique.

 

Plein comme un oeuf, cet album ne souffre pourtant d'aucune longueur, d'aucune faiblesse. Chaque morceau fourmille de détails qui ne demandent qu'à être découverts à chaque nouvelle écoute, formant ainsi une mosaïque incroyablement fine et qui, une fois le disque connu intimement, forme un tout absolument fascinant et cohérent.

 

Le début du disque est placé sous le signe du tribal, de la recherche rythmique et, bien sûr, puisqu'on est dans un disque hip hop, du "crew" et de Brooklyn, le quartier de Mos Def. Puis très vite intervient un clavier vintage du plus bel effet, et le mélange prend : synthèse parfaite entre le flot de Mos Def, le groove tribal, la soul et le jazz.

 

Mos Def invente le hip hop onirique, ses samples agissent comme de l'impressionnisme, par petites touches (la basse soyeuse, ronde, les claviers jazzy qui s'enroulent sur la merveille qu'est Umi says).Mos Def cherche et invente en permanence sur ce disque.

 

 


 

Autre sommet : Rock n' roll. Morceau ahurissant qui commence par un Mos Def au ton posé, murmurant l'histoire de ses parents (I am, yes i am the descendant of the builders of your streets), l'atmosphère est sombre, tendue, et Mos Def de balancer ses paroles incroyables :

 

I said, Elvis Presley ain't got no soul (huh)
Chuck Berry is rock and roll (damn right)
You may dig on the Rolling Stones
But they ain't come up with that style on they own (uh-uh)

 

et puis la tension éclate en punk abrasif, littéralement hurlé jusqu'à extinction des cordes vocales. Uppercut dont je ne me suis pas encore remis.

 

Black on both sides, en effet, mais il y a quand même de la lumière, et la puissance du disque est de la faire jaillir, Mos Def nous fait voir ce que c'est que la lumière qui traverse Brooklyn, l'après-midi.

 

Cet album est hallucinant de maîtrise et d'intelligence. Il contient des morceaux tubesques (New world water, par exemple, qui est en plus un brulôt politique sur l'eau et sa privatisation), et des chansons magnifiques (Umi says, mais pas seulement), il contient de la soul, un flot hip hop fabuleux, du jazz.... Un disque-somme, un chef-d'oeuvre, assurément. Thanks, Mos.

 

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