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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 14:43

A ma soeur.

If you don't trust yourself

for at least one minute each day...   

Parfois, la vie ne tient qu'à un fil. Au coeur des réjouissances hivernales, de cette partie de l'année où la maison et la famille sont toujours un refuge chaleureux, où les illuminations me font un bien fou, un puits sans fond, un abîme peut s'ouvrir et sembler pouvoir tout engloutir. Noël dernier, tout a failli être englouti. Ma soeur. Un hôpital. Qu'est-ce qui maintient en vie, qu'est-ce qui fait tenir ?

Interpol avait sorti Turn on the bright lights dix ans avant, j'avais écouté, aimé. Et pourtant au coeur de la noël, j'ai remis la main dessus. Et ce disque a été ma bouée. Je ne pouvais plus m'en passer. J'en avais besoin, un besoin impérieux, un besoin qui n'autorise pas le manque. Il me sauvait, me maintenait en équilibre, au bord de l'abîme. Les quelques semaines suspendues, Turn on the bright lights me remplissait. Ce n'est qu'après, en y retournant, que j'ai compris pourquoi, pourquoi cette musique, ce disque. 

Turn on... est probablement un des premiers disques les plus aboutis jamais sorti. Homogène et d'une maturité incroyable. La musique qu'on y entend est profonde, puissante, lyrique, les morceaux sont excellents. Mais ça n'est pas suffisant. Il y en a beaucoup des disques comme ça. Celui-ci a quelque chose de plus. C'est dans la structure même des morceaux. Au coeur de la nuit urbaine, la guitare est la raie de lumière rouge, mince, ténue, qui fait que le morceau peut continuer, après la rage, et se relancer jusqu'à l'épuisement, comme dans Stella was a driver. Beaucoup de morceau dans l'album obéissent à ce schéma, des lignes qui semblent s'arrêter brusquement, le morceau qui paraît s'éteindre et la guitare qui continue, seule, avant d'être rejointe par les autres. J'avais besoin du disque, parce qu'il me criait que la fin n'était pas pour tout de suite, qu'au plus profond de la nuit, il y a toujours une rumeur, un mince rayon de lumière qui ne demande qu'à percer. 

Dans le dernier morceau Leif Erikson, alors que Paul Banks semble à nouveau au bout de tout, et qu'il descend dans les graves : "supposin' you don't sleep tonight", c'est encore la guitare qui déchire la nuit et Banks de retrouver l'énergie du désespoir et de chanter "my love's subliminal". Quand t'as une soeur jumelle, ça te retourne ce genre de phrase. Aujourd'hui encore, je ne peux pas écouter le morceau sans que ma gorge se serre et que les larmes montent.

 

Les choses auraient mal tourné, je ne pourrais plus écouter ce disque. Je l'ai encore écouté aujourd'hui. My love's subliminal...

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commentaires

ben kenobi 31/12/2014 11:50


merci el gringo ! comment va ? 

Vincecool 30/12/2014 22:27


Salut l'ami,


Même s'il n'est pour moi pas du tout associé à un événement aussi fort, je suis d'accord pour dire que cet album est génial, profond et très abouti. Je l'écoute très régulièrement...


Le gringo !