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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 21:08

 

"Une nation s'éteint quand elle ne réagit plus aux fanfares ;

la décadence est la mort de la trompette."

Cioran

 

Fin de la première saison de Treme pour moi. Et des confirmations en pagaille : Treme n'est pas la meilleure série du monde (elle ne cherche pas à l'être, c'est pas Madmen), mais Treme est bien plus que ça : la plus belle, la plus touchante, la plus intelligente et sensible des séries.

 

Chaque épisode m'a bouleversé, à un moment ou un autre. N'importe quel acteur qui apparaît à l'écran ne serait-ce que 20 secondes semble touché par la grâce. Comme au début de l'épisode 8 où l'on voit des musiciens de rue, et la ferveur, la joie simple des gens qui écoutent et sont gagnés par la musique, un type s'approche à la fin du morceau, remercie les musiciens et commence à dire qu'il est revenu pour Mardi gras, puis fond en larmes en racontant ce qu'il a vécu pendant l'ouragan... Scène absolument bouleversante, qui laisse la gorge nouée. Je n'ai pas retrouvé cette scène sur youtube, dommage.

 

Les acteurs et actrices de la série jouent tous avec une subtilité démente leur personnage, et même les personnages très secondaires comme le doux Jacques, l'aide cuistot de Janette Desautel, ne rate jamais une scène, un geste, un regard.

 

Finalement, cette série ne parle que de transmission : le père et le fils qui se chicanent sur le jazz mais qui jouent ensemble l'un à la contrebasse, l'autre à la trompette, le prof qui aime plus que tout sa ville, sa Nouvelle Orléans, et qui essaie de transmettre cet amour, le fan japonais, complètement dingue du jazz new orleans et qui va acheter un trombone à Antoine Batiste, afin que tout cela perdure... Encore une fois, c'est la musique et son pouvoir absolu qui relie toutes choses à la Nouvelle Orléans, les vivants et les morts (il n'est pas rare qu'un mort ait demandé une fanfare pour son enterrement) les indiens et les noirs, les cubains et les blancs... Et c'est pour cet héritage musical que les gens se battent. Chaque épisode sait prendre le temps qu'il faut pour suivre et faire comprendre cette ville, ses habitants, cet amour profond de la musique, et la putain de condition humaine.

 

Chaque épisode est une merveille, cette série est une bénédiction.

 

 


 

 

 

Allez, buena sera senorita, kiss me goodnight. 

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Published by Ben - dans freretoc
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