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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 21:46

Top 5

 

1. Warpaint. s/t (et de loin)

 

 

 

 

 

2. La dispuste. Rooms of the house. (et d'assez loin, aussi, quand même)

 

 

 

 

3. The Antlers. Palace (de loin)

 

4. Morrissey "World peace is none of your business". (de très loin)

 

5. Natalia M. King. Soulblazz (de loin)


Film de l'année : Under the skin : alors là de très très loin.

 

 

 

 

Morceau de l'année : Parade, the Antlers. 

 

 

Paroles :

"There are moments here only yours and mine

Tiny dots on an endless timeline" beau, non ?

Obsessions récurrentes :

 

Monk, Coltrane, The Velvet Underground, Joy Division.

 

Mention spéciale du jury à The grand budapest hotel. 

 

That's all, Folks.


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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 14:43

A ma soeur.

If you don't trust yourself

for at least one minute each day...   

Parfois, la vie ne tient qu'à un fil. Au coeur des réjouissances hivernales, de cette partie de l'année où la maison et la famille sont toujours un refuge chaleureux, où les illuminations me font un bien fou, un puits sans fond, un abîme peut s'ouvrir et sembler pouvoir tout engloutir. Noël dernier, tout a failli être englouti. Ma soeur. Un hôpital. Qu'est-ce qui maintient en vie, qu'est-ce qui fait tenir ?

Interpol avait sorti Turn on the bright lights dix ans avant, j'avais écouté, aimé. Et pourtant au coeur de la noël, j'ai remis la main dessus. Et ce disque a été ma bouée. Je ne pouvais plus m'en passer. J'en avais besoin, un besoin impérieux, un besoin qui n'autorise pas le manque. Il me sauvait, me maintenait en équilibre, au bord de l'abîme. Les quelques semaines suspendues, Turn on the bright lights me remplissait. Ce n'est qu'après, en y retournant, que j'ai compris pourquoi, pourquoi cette musique, ce disque. 

Turn on... est probablement un des premiers disques les plus aboutis jamais sorti. Homogène et d'une maturité incroyable. La musique qu'on y entend est profonde, puissante, lyrique, les morceaux sont excellents. Mais ça n'est pas suffisant. Il y en a beaucoup des disques comme ça. Celui-ci a quelque chose de plus. C'est dans la structure même des morceaux. Au coeur de la nuit urbaine, la guitare est la raie de lumière rouge, mince, ténue, qui fait que le morceau peut continuer, après la rage, et se relancer jusqu'à l'épuisement, comme dans Stella was a driver. Beaucoup de morceau dans l'album obéissent à ce schéma, des lignes qui semblent s'arrêter brusquement, le morceau qui paraît s'éteindre et la guitare qui continue, seule, avant d'être rejointe par les autres. J'avais besoin du disque, parce qu'il me criait que la fin n'était pas pour tout de suite, qu'au plus profond de la nuit, il y a toujours une rumeur, un mince rayon de lumière qui ne demande qu'à percer. 

Dans le dernier morceau Leif Erikson, alors que Paul Banks semble à nouveau au bout de tout, et qu'il descend dans les graves : "supposin' you don't sleep tonight", c'est encore la guitare qui déchire la nuit et Banks de retrouver l'énergie du désespoir et de chanter "my love's subliminal". Quand t'as une soeur jumelle, ça te retourne ce genre de phrase. Aujourd'hui encore, je ne peux pas écouter le morceau sans que ma gorge se serre et que les larmes montent.

 

Les choses auraient mal tourné, je ne pourrais plus écouter ce disque. Je l'ai encore écouté aujourd'hui. My love's subliminal...

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 14:00

But you're in the wrong skin

and the skin that you're in

says "urgh let it begin"

Les Smiths et moi, c'est à la vie à la mort. J'ai dragué la mère de mes enfants en lui faisant écouter les Smiths. Et Johnny Marr est un guitariste fabuleux, d'une intelligence et d'une élégance... il aura défini le son des Smiths, et aura servi de la plus belle des manières les paroles de Morrissey en créant une musique riche, subtile, jamais anecdotique, toujours brillante, le tout sans solos qui tachent, avec discrétion et humilité alors même que c'est un immense musicien. Voilà, donc les Smiths c'est à la vie à la mort. Et la guitare de Marr aussi. 

Pour Morrissey, c'est plus compliqué, c'est pas à la vie à la mort. Morrissey me fascine bien-sûr, là où Marr me touche. Je préfère quand même être touché que fasciné, disons que je me vois plus boire une bière avec Johnny guitare qu'avec Morrissey. Mais tout de même : Vauxhall and I ça te pose un homme. Et puis You are the quarry... pas mal non plus. Et Ringleader of the tormentors... Morrissey aura réussi une belle carrière solo, alors qu'il aurait dû sombrer sans Johnny Marr, lui qui ne sait pas jouer d'un seul instrument de musique, qui se méfie de tout le monde, n'est pas capable de garder une maison de disque, un manager plus de deux secondes et est plus misanthrope que le dernier des misanthropes. Et pourtant, non. Tout a roulé pour Morrissey, aidé en cela par des milliers de dévots, assez inquiétants d'ailleurs, comme tous les dévots. Je ne suis évidemment pas de ces dévots. Je n'ai même pas tous les albums solos de Morrissey. J'avais zappé le dernier Years of refusal. Je ne sais même plus pourquoi. Et puis voilà que, cinq ans après, il est de retour avec World peace is none of your business, à ranger aux côtés de ses plus grandes réussites. 

Une réussite qui tient sans doute à la fidélité d'un groupe (Boz Boorer, avec qui il aura joué plus qu'avec Johnny Marr ; Jesse Tobias présent sur les 3 derniers albums) à l'endroit choisi pour enregistrer, le studio du sud de la France où Nick Cave avait enregistré son dernier et magnifique disque et à l'inspiration retrouvée pour ses musiciens. Chaque morceau de l'album est traversé d'instants de rupture somptueux, comme des éclats lumineux qui viennent distordre, reprogrammer les morceaux, ou en tout cas les déstabiliser. C'est la guitare flamenco de Neal Cassady drops dead, c'est la harpe de Kick the bride down the aisle , c'est l'accordéon de Earth is loneliest planet (quel titre !) ce sont les silences à chaque fin de couplet d'un de ses plus beaux morceaux Smiler with knife, c'est cet invraisemblable clavier à la fin de I'm not a man zébré par des cris hallucinants... Musicalement, c'est bien son album le plus abouti, le plus aventureux depuis... Vauxhall and i. Jesse Tobias est merveilleux, et fait littéralement pleurer sa guitare sur Smiler with knife. 

Question paroles, Morrissey est désormais capable d'investir une multitude de registres, du gribouillage enfantin "gaga in Malaga" aux allitérations plus fines dans la même chanson "ill in Seville, lonely in Barcelona", de la violence sèche, mordante, sans appel et très explicite rappelant les meilleures heures des Smiths "hoorray the bullfighter dies" "kick the bride down the aisle and treasure the day" à la misanthropie totale "there is no one upon this earth that i feel sad to leave", de la langueur métaphysique "you're that stretch of the beach, that the tide doesn't reach" au brûlot politique "each time you vote, you support the process". Bref, Morrissey a su enrichier sa palette et écrit toujours aussi bien. Ses thèmes de prédilection sont en revanche inchangés : le you sépare encore et toujours les bons, des mauvais : c'est au "you" en chacun de nous qu'il s'adresse, c'est souvent un peu facile et adolescent mais ça fonctionne toujours : "and there is always a reason why you are refused, they always blame you you YOU". Et puis bien sûr : la scolarité qui asservit alors qu'elle devrait libérer "Staircase at the university", les salopards qui ne sont pas végétariens (dont je suis...), les toréros (là d'accord, bien-sûr, d'autant qu'il le fait en 2 minutes et que c'est simple, direct, droit, et qu'il se salit les mains avec le sang de ce crétin de toréro, et qu'il pervertit le truc en l'humiliant en clamant que tout le monde veut que le taureau survive). Le pouvoir et son incurie. La solitude. 

Tout ça est franchement au-dessus du lot et son disque se hissera sans problème pour moi parmi les grandes réussites de cette année. Au détour de quelques phrases, Morrissey tutoie même le génie : "joy brings many things, it cannot bring you joy" habile ruban de möbius d'un parolier définitivement ailleurs. La joie ? On ne sent même plus son sourir cynique, dédaigneux, simplement un constat sans appel. Et que dire de "see in me, the side of you", ou Morrissey semble abandonner son légendaire narcissisme et accepter quelqu'un d'autre ? Fascinant, Morrissey, comme d'habitude... Sinon, Johnny, on se tape une bière ?

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 13:46

Belle année musicale pour le moment. A la mi-temps, d'excellents albums, qui m'ont tous impressionnés.

 

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 12:33

 

Pas mieux, alors pour une fois, je copie/colle une critique d'un certain Toitouvrant (m'est avis que c'est un pseudo...) :

 

"Dream Baby Dream" : un xylophone étincelle une même ritournelle et rejoint l'orgue qui sonne le ciel, tout deux en communion, dans un chant d'amour qu'Alan Vega reprend, dans l'apesanteur magique de mots doux et plein d'espoir ("Dream Baby Dream"). Cette musique chasse toute peur à jamais, pour toujours. Elle devrait être passée en boucle dans les HP. 

Martin Rev ne lave plus les os de Frankie Teardrop. Le rythme robotique n'est plus autiste mais s'amuse maintenant avec des lignes, des lignes mélodiques qui se croisent et forment ensemble un dessin. S'en dégage un exotisme urbain, parfois même montrant du doigt une plage de sable cheyenne depuis son trottoir. Le régime punk pain-bière-foutre accorde des interludes de coloriage. 

Vega, sur le sable, poursuit ses complaintes, prie le fantôme de Morrison, joue à chat avec le jeune Iggy dans un délire rockabilly intemporel sous Lexomil (il est fascinant d'entendre l'inertie qui prend possession de ce chanteur génial. Il témoigne d'un feedback qui le tord tout entier, répond à ses propres chant, dans un dialogue infini, avec ses ruptures, ses temps morts : étrange respiration qui ne respire qu'elle même).

Suicide a mis du lait dans son acide, vous l'aurez goûté. Le sang reste en fond mais un effet lacté donne un rendu plus léché. On évite les éclaboussures passées, on croiserait presque les bras autour d'un bol sans se soucier d'un éventuel court-jus. 

Ca n'est pas pour autant un retournement de veste. L'heure n'est pas aux Weetabix. C'est juste que la langue s'affine, goûte à d'autres éclairages, gagne en corps. L'apport de chair exotique, plus proche maintenant de la mangue que de la plaie, même s'il trahit un kitsch naissant (qui gonflera), ne dénature pas pour autant l'énergie du groupe. C'est une énergie moins anarchique, plus feutrée, et du coup plus enveloppante, comme de la fourrure et du champagne.

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 11:52

 

We grew up listening to the music of the best decade ever

 

L'hiver mayennais s'annonce d'une insondable banalité, soit venteux, humide, froid. Mais Stephen Malkmus et ses Jicks vont me faire oublier tout ça. Wig out at jagbags est une énième pépite de rock indolent, joué sans avoir l'air d'y toucher et pourtant... Malkmus a ce don incroyable pour te filer un sourire béat aux lèvres, à te faire sentir éternel ado, à chanter des tudu tudu tudu qui sonneraient totalement cons chez n'importe qui d'autre. J'avais vu le bonhomme à St Malo et il était génial, drôle et le groupe sonnait vraiment bien. Son nouvel album contient de pures merveilles, mine de rien : J Smoov est une superbe ballade réchauffée par des cuivres tranquilles, ronds, en équilibre entre le franchement touchant et le cool absolu. Independance street est un blues qui s'avance avec nonchalance, la guitare tricote tranquillement. Mais, même si les mots "cool", "indolent", "tranquille", "nonchalant" viennent à l'esprit, on ne peut jamais coller l'étiquette qui semble découler de tous ces qualificatifs : non, ce n'est jamais anecdotique. Malkmus, c'est le cool élevé au rang d'art. C'est ce petit miracle renouvelé à chaque morceau : l'innocence, la fraîcheur, comme si le rock n'avait pas été happé par l'industrie musicale, et javelisé, qu'il se jouait encore entre potes... L'hiver aura un goût de fraise.

 

 

 

 

 

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 19:40

Je passais quelques semaines en Italie, pour parfaire la langue, et glaner ainsi quelques hypothétiques points pour le bac qui se profilait dangereusement, insolemment, avec tout le poids de l'inéluctable. Aussi pesant qu'un porte-avion qui passe, cet examen me fixait droit dans les yeux, et se reflétait dans ceux de mes parents. Bon. L'Italie. J'avais atterri dans une sorte de cité u, fort sympathique, gueularde à souhait. Fin mars, un printemps dolce vita. C'était en 91. L'underground angelino avait éjaculé son groupe ultime, un tout fascinant, embrassant mille sensations à la fois : Jane's Addiction. Un bouillon hallucinant, un groupe orgiaque, orgasmique, violent, dangereux, complètement barré. Entre Jim Morrisson, Iggy, les derviches tourneurs, les feux follets, les vaudous. Chacun de leur concert était synomyme de sorcellerie, on y rentre par une transe rythmique, avant que la basse vous ancre au sol et que la guitare vous fasse valser aux étoiles. Et Perry Farrell, en maître de cérémonie, ne vous lâche pas, vous possède, de la première à la dernière seconde, comme il possède toute la scène. Son ring, son bois au crépuscule, son cirque, son bordel. Oui, tout ça, il le possède.

 

En arrivant en Italie, j'avais un walkman (ne riez pas), et écris au noir, au-dessous de BASF, JANE'S ADDICTION, RITUAL DE LO HABITUAL, avec trois étoiles de chaque côté. Dans la cité U j'avais repéré quelques italiens et italiennes qui semblaient tout droit sortis d'un bar enfumé de LA. Mêmes fringues, même état d'esprit. Il était temps de vraiment s'envoyer en l'air, voilà cet état d'esprit. D'être en transe. Les modèles étaient cramés, les parents ? les profs ? les flics ? The Gangs and the governement no difference. Quand ils n'étaient pas inexistants. Ou pleutres. Et pis merde, ain't no wrong, ain't no right, only pleasure and pain. J'allais pas le laisser passer, le plaisir. 

 

Les journées filaient assez vite, sous le bleu azzura. Un anglais approximatif me permettait de me rapprocher de la bande, et les K7 circulaient gracieusement, se glissaient au fond des poches, des sacs, prêtes à être écoutées, religieusement. Rituels de passage. Ritual... Nosotros tenemos... mas influencia... Sésame dans une autre langue qui nous rapprochait tous. Jane's Addiction comme tour de Babel. 

 

Via Fosdondo, un banc qui semblait toujours écrasé de lumière, de chaleur, Emilio qui me dit, toujours vautré, bière à la main, que Jane's Addiction passe, giovedi, si, giovedi 28 ! Marzo ? Si ! Impossible de faire l'effort de parler italien ou anglais, putain c'est dingue mec, on va y aller, tu m'entends !? Si compreso. On était le 25. Juste le temps d'être aussi excité, raide dingue d'impatience qu'un ado prépubère en chaleur avant son dépucelage. Trois putains de jours à attendre. Et j'allais enfin pouvoir entrer dans cette cérémonie païenne qu'est un concert de Farrell and co. Je ne savais pas, à l'époque, que le concert serait capté et finirait sur un disque dans le coffret A cabinet of curiosities. (Le label s'étant planté en indiquant que le concert avait été enregistré en 90, au Hollywood Ballroom - connerie, j'entends encore Emilio gueuler dans le cd).

 

Isabella était par essence inaccessible. Classique au sens le plus noble, limite hautaine. Consciente de sa supériorité, juste ce qu'il faut. Drapée d'une solennité glaçante, et terriblement attirante. Un absolu ayant pris forme humaine. Une construction de l'esprit. De nos esprits qui tournaient à plein régime quand elle était là. Putain, elle le savait. Elle n'avait qu'à se taire, on faisait bien le reste. Emilio, Giuseppe et Dieu sait qui. Et Moi. Elle avait pris pour habitude de voler dans tout ce que Corregio comptait de magasins de fringues, si possible des t-shirts trop courts, en nous entraînant sans avoir à ouvrir la bouche. Aussi simple que ça. Elle ne vivait pas à la cité u, elle avait son propre appartement, pas d'âge, un lit défait, un bordel de fringues, de vaisselle renvoyée aux calendes grecques, de tampons et de pilules. Chaque regard posé chez elle laissait entrevoir une vie plus grande, pleine, interdite à un gamin comme moi. A n'importe quel gamin. Quand j'y repense, ce fut si simple d'y pénétrer : Ho i biglietti per Juana addiction ! Si ! Je passe chez toi ? Si. Elle se déplaçait dans son antre avec le détachement le plus sournois, m'ignorant allègrement. Je n'en perdais pas une miette, la sueur perlait à mon front, je passais du bredouillement au bégaiement, lui tendais i biglietti. Son visage s'éclaira. Je jure devant Dieu qu'elle me fit un sourire. 

 

Giovedi 28 Marzo. Here we go. Fin fond du bus. Giuseppe, Emilio, Isabella, Juana addicion. Le concert à oro 21.30. Je la vois gober un cacheton d'acide. L.A on L.S.D. it ain't that bad. A partir du moment où nous sommes montés dans le bus, tout a basculé, tout est devenu dingue. Un moment qui ne t'arrive qu'une fois dans la vie. Et nous avions la meilleure bande-son du monde, live : Perry Farrell, Dave Navarro, Eric Avery, Stephen Perkins. Ritual était sorti il y a quelques mois, la bande de ma k7 était usée jusqu'à la corde. Le Palazzetto dello sport est comme son nom l'indique une salle faite pour les concerts... En fait guère plus qu'un gymnase, on s'en foutait, cela dit. Il fait une chaleur suffocante, on se fraie un chemin jusqu'au plus près de la scène, toute la bande s'effleure, Isabella compris. Les lumières s'éteignent et Stephen Perkins convoque sorcières, farfadets, griots, vaudous en cognant sur ses fûts, Cris, tambour, danse, danse, danse, danse ! Le concert va être énorme, Emilio me prend déjà par l'épaule, la basse métallique, précise, d'Avery s'enroule comme un serpent, assoit un groove urbain, impérial, up the beach résonne et Dave Navarro tisse ses solos aériens, et ce diable de Farrell vocalise comme si sa vie en dépendait. Pas de paroles, pas encore. Bientôt ce sera les putes, les nègres et les freaks. Give me some more motherfucker ! Eux, ils ont fait un tour du côté sauvage. Putain ce qu'il fait chaud, on ne songe même plus à se taper une bière, hypnotisés par la musique. 

 

Les morceaux défilent, Ain't no right, Then she did, Had a dad, Been caught stealing. Je me rappelle le goût de sa langue, et le cacheton glissé sous la mienne. This moment is once in a lifetime. Three days te fait sortir de ton corps. La musique, ce soir-là, était imparable, elle électrifiait nos synapses, elle épousait la moindre parcelle de notre épiderme, elle étincelait. Elle te disait que t'avais raison de ne pas stopper, keep goin' on come on. Elle te satellisait. Et pis le lendemain, il en resterait quoi du cacheton, de ce moment ? C'était l'instant, point barre. 


Le lendemain matin, j'étais le premier levé. J'avais tellement bien retenu les leçons d'Isabella que j'ai pris la tangente sans bruit, l'affiche du concert dédicacé sous le bras. Aussi simple que ça.

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 10:54

Je vais tromper l'hiver avec Stephen Malkmus. Un des branleurs les plus géniaux du monde. Et je remets mes peintures de guerre avec le Warpaint. 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 21:13

Je suis de plus en plus incapable de suivre. Internet a tellement tout changé. En se baladant, je tombe sur des trucs dingues : des types qui ont écouté des disques et qui te pondent un top 100. Sur une année. Je ne crois pas pouvoir écouter 100 nouveautés par an. De même que je ne suis pas capable de suivre 5 ou 6 séries en même temps. Enfin, je n'y arrive pas, ce n'est pas grave. J'ai quand même du mal à imaginer comment on peut digérer tout ça. 

2013, côté séries n'aura appartenu, pour moi, qu'à Treme. Côté musiques, j'ai navigué, comme d'habitude, entre nouveautés et vieilles marrottes. Puis Lou a cassé sa pipe, et je suis redescendu dans le souterrain de velours, et je me suis repaumé dans Berlin. 2013, c'est Tricky, un peu au-dessus des autres, comme il y a presque 20 ans. J'ai aussi beaucoup écouté Tigran Hamasyan, Chucho Valdés, les Pastels, Mazzy Star, les Queens of the stone age, le magnifique dernier album de Nick Cave, qu'il avait défendu au Fort-saint-Père. Deathfix. Fuck Buttons. J'en oublie. Il y a toujours des disques à écouter. Townes Van Zandt. Tiens, Nas, qui était passé sous mon radar (son disque date de 2012). Et puis Ghostface Killah, dément son dernier disque.

Dans une de ses récentes interviews, James Gray expliquait qu'Hollywood avait peur des sentiments. D'où les films de merde régulièrement pondus par ce système. Les attaques de Drone (en musique) et l'électro te plongent dans un état, mais expriment peu de sentiments. j'aime bien parfois chercher un état. Mais je préférerai toujours les sentiments. Et quand j'entends Tricky qui fait chanter if only i knew à Fifi Rong, ça me touche. Comme Nick Cave quand il chante "just keep on pushing, keep on pushing, push the sky away".

Je continue à acheter des cd, des vinyles, je pousse même le vice jusqu'à écouter des albums en entier. Je lis même des putains de note de pochette, écrites en tout petit et en engliche. Sans déconner. 

 

Quelques hauts faits de 2013 et d'autres temps...

 


 

 

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 13:06

A ma soeur que j'adore voir se marrer

devant Les tontons flingueurs.

 

 


 

et ton préféré : 

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