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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 21:32
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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 21:24

 

Third, le troisième donc. Là, c'est autre chose. C'est un de ces rares disques, disons qu'il y en a peut-être vingt, qui dans une vie, vous touche aussi profondément et durablement. Disque nocturne, onirique, de déambulation, de trouées, d'espace, de silences. La musique de Chilton atteint des sommets d'émotion, souvent à la douze cordes célestes et à la guitare slide qui donne cet alanguissement propre au Mississippi, qui baigne chaque morceau d'une langueur, d'une fatigue, celle du type seul, revenu de tout, et se trimballant en bagnole. Il ne refait plus les mêmes vieux trucs de la veille avec les potes. Il est seul, foutrement seul. Dans Big Black Car, magistrale trouée nocturne, déambulation aux limites de tout, aux confins de la conscience, du rêve, du basculement, Chilton allume tout de même un joli feu à la fin, la voix s'envole, le piano égrène des notes magiques, et si finalement, en l'absence de sens et d'avenir (why should i care, it ain't gonna last) un mince espoir était permis, ou au moins l'exaltation de la mélancolie ? Le ciel ne semble plus si noir mais plutôt percé d'une multitude d'étoiles. Holocaust vient éteindre tout ça et l'album bascule définitivement vers un ailleurs musical, aride, plongeant ses racines au plus profond d'une noirceur extrême. Your mother's dead chante Chilton alors que des choeurs féminins d'une beauté à couper le souffle donnent un sentiment de sacré intemporel au morceau. Holocaust est un tournant musical incroyable : Chilton, seulement quelques années auparavant, obtenait un hit avec The letter, ritournelle pop bien troussée certes, mais assez anecdotique. Et là, il semble happé, littéralement hanté, à la limite de la neurasthénie, et c'est absolument bouleversant. Comment on passe de The letter à Holocaust ? Peut-être en perdant un ami (Bell)... Puis il y a aussi Kanga Roo, sorte de négatif d' Holocaust, morceau totalement halluciné, en équilibre entre le grincement et la grâce infinie. 

 

Et puis, et puis... il ya Femme fatale, reprise du Velvet. Dans le coffret, il y a deux versions. Sur celle qui atterrira sur Third, c'est le Velvet téléporté sur les rives du Mississippi et Chilton ne peut réprimer un sanglot. Je sais que je vais pas me faire des amis, mais j'ai tendance à trouver la version Chilton supérieure à celle du Velvet. Parce qu'on assiste à une symbiose, celle que Big Star aura réussie à chaque fois : être à la fois un groupe du Sud, et en teinter sa musique tout en explorant d'autres voies. Sur Femme fatale, c'est le côté européen du Velvet, la froideur, l'intellect qui se trouvent transformés, métamorphosés au contact du génie de Chilton. Le morceau s'en retrouve réchauffé, la connection est-sud est établie, et c'est intouchable. 

 

Third, encore plus que les deux premiers, se ramassera totalement. Il ne sera sorti que quatre ans plus tard... Assez incroyable étant donné la force de cet album. Plongez-vous dans ce disque, en voiture, la nuit... Et Big Star ne vous lâchera plus. 

 

Dream lover...

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 21:36
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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 14:55

 

Dixième album de Tricky. Dixième... C'est pas rien tout de même. Plus de vingt ans après ses débuts au sein de Massive Attack, plus de vingt ans après avoir inventé une des dernières musiques réellement novatrices : le trip hop. Une carrière solo qui a commencé très haut, trop peut-être, avec Maxinquaye et Pre Millenieum Tension, tous deux inégalables. Puis Tricky a poursuivi sa route, tentant, convoquant des stars (à la fin des années 90, qui n'aurait pas aimé être sur un de ses disques ?), pour des résultats disons déroutants. Mais il n'a jamais cessé de chercher, et de faire la musique qu'il désirait.

 

Aujourd'hui, il revient, avec une nouvelle donnée, de taille : Tricky est désormais libre comme l'air, puisqu'il a fondé son propre label, qu'il a nommé comme son album. Car Tricky est non seulement un des artistes les plus fascinants qui soient, mais aussi un incroyable dénicheur de talents, de voix. Ses trouvailles sont sur son disque : c'est le chant enfantin de Fifi Rong, c'est celui, ambivalent, androgyne du chanteur de The Antlers, et c'est toujours Francesca Belmonte, qui est avec lui depuis Dieu sait quand maintenant... Et quand il ne met pas en lumière des inconnus, il convoque Nneka, et le morceau est intense.

 

Francesca Belmonte chante donc avec Tricky, une nouvelle fois. Les grincheux regretteront Martina Topley Bird encore et toujours, sans se demander pourquoi Tricky lui confie le micro depuis si longtemps maintenant. Peut-être parce qu'elle sert sa musique à sa manière : à la fois distante, quasi hautaine et pourtant bienveillante. Belmonte, c'est une somme de paradoxes, ce qui ne peut que séduire un esprit comme celui de Tricky. Elle a une sorte de non-voix, un chant très ligne claire qui ne se soucie guère d'émotions. Pour tout dire elle semble absente émotionnellement. Elle réussit à résoudre une équation à priori insoluble : faire de sa transparence une présence hantée de chaque instant, sembler perpétuellement ailleurs et être pourtant toujours là. Ombre qui semble recouvrir Tricky. 

 

Ce nouvel album est fantastique pour une multitude de raisons, Tricky est un amoureux de musique, un vrai. Il a des héros, et une culture extraordinaire, des sounds systems au ragga, du grunge aux musiques orientales, il aime. Profondément. Alors quand il décide de sampler My funny valentine dans la version intouchable de Chet Baker, je n'ai même pas peur, peur qu'il massacre le morceau, qu'il s'en serve comme d'un marche-pied, qu'il le sabote, le salope, comme un Kanye West peut le faire avec Strange Fruit. Tricky est au-dessus de ça. Il en fait une splendide relecture, ayant parfaitement compris le côté fuyant et onirique du morceau. Et c'est Chet dans toute sa grandeur qu'il nous redonne à entendre, sans le couper, sans l'amputer. Pour ça, sa Valentine est un trésor. En espérant que tout le monde ira écouter la version de Baker. Tricky, vieux sorcier : il arrive à faire un immense morceau, tâche ardue, en empruntant à un graal absolu, sans avoir à en rougir, et réussit du même coup à se faire passeur, humble passeur. Génie retrouvé.

 

Quand il ne cite pas d'autres musiques, il se permet de réutiliser la sienne (il l'a déjà fait par le passé). Et là encore, il brille par son intelligence et ce alors qu'il prend une nouvelle fois des risques énormes. Là il reprend Makes me wanna die soit un de ses plus grands morceaux. Le constat est amer : Nothing 's changed, i still feel the same, it still hurts the same. Comme pour Valentine, je n'ai même pas eu peur, peur qu'il massacre un de ses plus fabuleux morceaux. Sa relecture est sobre, pénétrante et fait résonner son original de 96 comme un écho lointain. Le chemin parcouru est immense, entre ses deux morceaux siamois, et paradoxalement, alors qu'on pourrait dire qu'il fait du surplace, en reprenant un de ses titres, il ne fait qu'avancer, qu'ouvrir d'autres voies, sans renier son passé.

 

False idols sonne défénitivement de son temps, ancré dans son époque, contrairement à ce que les papiers ici ou là laissaient entendre, il ne refait pas Maxinquaye, son nouvel album est d'ailleurs moins créatif rythmiquement, disons qu'il s'autorise des rythmes très triviaux, plus directs. Mais il retrouve de sa magie noire, de sa sorcellerie, en dénichant des sons fabuleux et en les agençant avec grâce. Et le bougre nous fait voyager, du minimalisme brumeux à la chaleur africaine, de la soie de Chine (le somptueux Chinese interlude) aux guitares saturées et qui gueulent l'urgence, tout est parfait, de bout en bout.  L'album se termine par un morceau porté par des cordes graves, aux parfums moyen-orientaux, le silence se fait. Tricky est de retour, pour de bon. 

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 14:47

 


 
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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 14:40

 


 
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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 14:33

 


 
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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 14:51

ray-manzarek.jpg

 

Il y a des moments qui infléchissent le cours de votre existence, qui vous font sentir plus vivant, qui vous marquent, qui ouvrent des perspectives nouvelles. A 12 ans, j'ai écouté Light my fire des Doors, et ça a été un de ces moments. Tout était là : la voix de Morrison, la batterie démente de Densmore, le fantastique jeu de guitare  de Robby Krieger et l'orgue de Ray Manzarek. J'ai dû avoir une réaction chimique à cette alchimie entre ces quatre musiciens et j'ai écouté en boucle ce moreau des dizaines de fois, en sautant sur mon lit. Et les Doors ne m'ont plus quitté.

 

La dernière fois que j'ai entendu Manzarek, c'était sur Inter, pour une interview. Il était parfait, souvent hilare, et pourtant posé. Il parlait des Doors, de son amour pour Morrison, de drogues (il conseillait d'ailleurs aux auditeurs de prendre du LSD, le mec d'inter a failli faire une crise et s'est empressé d'ajouter un piteux "ces propos n'engagent que vous", ce à quoi Manzarek a répondu mi-hilare, mi ahuri : "quoi ? on est en France, je peux dire ce que je veux, non ?". Non. Les temps ont bien changé. En tout cas, il était détendu, très heureux et dégageait une simplicité  et une humilité très touchantes, pour un type qui a créé un son aussi pur et immédiatement identifiable.

 

Merci pour la musique.

 

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 14:41

Stupeur à l'annonce du décès de James Gandolfini. Immense acteur, qui restera à son corps défendant associé au personnage de Tony Soprano... Mais quel personnage ! Il avait su l'incarner dans toute son humanité, sa complexité, jusqu'à la moelle, jusqu'à l'essence même d'une vie, d'un caractère... et ça a été fabuleux pendant 6 saisons et 86 heures. Et ça a révolutionné la télé.

 

Salute.

 

 

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 20:51

 


 
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