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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 10:35

J'ai rarement vécu une année aussi intense. 2008 a été incroyable en beaucoup de domaines. Evidemment, l'histoire retiendra Obama, et c'est quand même en soi, une bonne nouvelle. Mais que dire de l'année musicale qui vient de s'écouler, sans tomber dans les superlatifs ? J'ai beau essayer de me remettre en mémoire les années précédentes, je ne pense pas avoir écouté et acheté autant de bons disques que cette année. Des oeuvres intenses, noires et profondes, bouleversantes qui ont déversé leurs poisons et sortilèges dans mes veines de janvier à décembre. Ouais, comme dit Jason Pierce de Spiritualized, j'ai eu des tempêtes dans mes veines. Avec tous ces groupes géniaux en "black", Black Mountain, Black Angels, Black Keys... Qui,chacun à leur manière réécrivent des pages neuves du rock, certes avec du vieux, le psyché, le blues mais en renouvelant les genres, en les inscrivant dans l'époque.

Et puis, il y a eu l'album Campbell/Lanegan, drapé d'élégance, l'album des Walkmen, dont j'ai déjà parlé ici, le Of Montreal... Et bien sûr l'immense Songs in A and E, qui, fin d'année et bilan oblige, refait des tours dans ma platine. Inusable. Je l'ai bien écouté des centaines de fois et j'en ai encore la gorge serrée. Mais on ne peut pas oublier le Gutter Twins, non plus, tellement fabuleux. Sombre, flippant, une oeuvre bicéphale, de deux génies. Ces frangins du caniveau, damnés de la terre. Et le 31 Knots, qui propose plus d'idées, d'excitations, de nouveautés, de risques en un refrain que tout le dernier Radiohead (au hasard). Alors oui, année bénie du sillon, 2008. En espérant que 2009 confirmera la tendance : rage, introspection, noirceur, rock des bas fonds, rédemption, damnation, paranoïa ("you're on the run, son !")... Pourvu que 2009 aligne autant de grands disques, de disques majeurs, de types et de filles qui ont vraiment un truc à dire, pas forcément original, juste profondément humain. Des trucs comme "set my soul on fire", mais avec une honnêteté telle que ça vous vrille les tympans et vous brise le coeur. Voilà mes voeux pour 2009. Maintenant, y'a plus qu'à attendre...

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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 19:32
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 15:45



J'ai découvert Of Montreal grâce à leur précédent album, le génial Hissing fauna, un disque mêlant electro, pop, rythmes funk, harmonies vocales à la Beach Boys, le tout servi dans un tempo effréné, carburant à dix idées par morceau. Le challenge pour ces gars là était donc de répondre aux attentes suscitées par Hissing Fauna, mais je voyais mal comment ils pourraient faire mieux. Et débarque Skeletal lamping, un disque monstrueux dans tous les sens du terme. Monstrueux car gavé à ras-bord (15 titres qui contiennent tous plusieurs pistes, plusieurs ambiances, des ruptures, des faux départs). Monstrueux par sa qualité, qui ne faiblit jamais, avec des mélodies pop qui tombent littéralement du ciel (écoutez An eluardian instance sur la playlist, rien que celle-là, et vous comprendrez). Monstrueux aussi à l'image de sa pochette, belle objet qui se déplie dans tous les sens pour montrer un dessin entre paradis et cauchemar, sorte de jardin d'Eden où tout le monde est à poil, mais entouré d'étranges plantes carnassières.


Skeletal lamping est donc monstrueux. Quand on l'écoute les premières fois, la somme d'influences, de sons, d'idées, de mélodies, d'ambiances laissent limite KO, heureux mais légèrement déphasé, avec une seule idée en tête : retrouver tel passage fabuleux, à tel moment. Dès lors, les dizaines d'écoutes suivantes sont soumises à enjeux : "à quel moment y'a ce passage incroyable où j'ai eu l'impression d'entendre les Beach Boys ?" ; "à quel moment j'ai cru entendre Curtis Mayfield ?" Et quand le disque semble avoir révélé tous ses mystères, on découvre toujours un enchaînement étrange, une partie de basse passée inaperçue...


Kevin Barnes, la tête pensante du groupe, est capable en un disque de pondre une ballade à la Lennon-Mac Cartney, un appel au sexe tendance Curtis Mayfield, des morceaux à faire danser les morts, des beats électros à rendre dingues de jalousie Radiohead, des harmonies vocales comme si Brian Wilson revenait au top de sa forme...

Pour info Skeletal lamping est sorti chez Polyvinyl records, le label de 31 Knots. Amen.
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 16:01

Etrange album que ce You and me de The Walkmen. Etrange et passionnant. Avec les albums qui touchent l'âme, il est toujours difficile d'exprimer par des mots ce qu'on ressent à leur écoute ou les images que fait naître la musique. You and me n'échappe pas à cette règle. Dès les premières écoutes, je me suis dit qu'il tombait bien ce disque, au bon moment. L'automne, l'approche de noël, un temps particulier de l'année où se mêlent la fièvre due aux fêtes qui s'approchent, et la mélancolie de voir les beaux jours s'achever et le froid envahir tout, la nuit qui prend de plus en plus de place. Alors, oui, dans ce contexte il est parfait ce You and me : fiévreux et mélancolique, enregistré dans l'urgence, aux sonorités qui peuvent vous glacer le sang (la guitare nue de Flamingos qui réussit seule et en moins de deux minutes ce que tous les gars de chez Constellation tentent de faire sur des disques d'une plombe aux titres d'une prétention incommensurable - style : I left my town in a dark night so let the angels come back in - soit prendre toute la mesure de la solitude urbaine) et vous le réchauffer aussi sec, comme une bière glacée un soir de décembre.

La musique des Walkmen (dont je ne sais que très peu de choses, mais cela suffit : ils sont new yorkais, et c'est leur quatrième disque) est traversée de part en part de guitares aux sons bruts, pas nécessairement violentes, mais enregistrées sans fioritures, sans effets, comme tous les autres instruments d'ailleurs. On entend donc des morceaux qui semblent avoir été enregistrés à l'ancienne, au fond d'une salle de répétition. Et on se dit que finalement c'est comme ça que sonne une batterie ou une basse, dans la vraie vie. La vie sans pro tools, quoi.

On entre dans l'album par Donde esta la playa, (faudrait qu'ils m'expliquent ce titre tant leur univers est à des kilomètres de l'ambiance farniente). Le morceau a un refrain déglingué et la voix du chanteur s'impose comme une évidence : soit elle vous irritera au plus haut point, soit elle vous touchera en plein coeur. Le bonhomme chante comme un ivrogne qui titube mais auxquel il reste assez de force pour brailler, les yeux fixés droit devant, avec la morgue du type désespéré qui n'a besoin que du regard d'une fille ou la chaleur d'un bar pour à nouveau être plein d'espoir. Puis c'est Flamingos, et cette guitare glaçante, seule, et le chanteur n'a plus la force d'hurler. La nuit est tombée depuis longtemps sur une banlieue quelconque, et franchement, il fait froid partout. Je sais, ça donne pas envie dit comme ça, mais merde si votre truc c'est la compagnie créole... qu'y puis-je ?

Arrive ensuite un des sommets du disque : On the water : une basse entêtante, un crescendo maîtrisé, un lyrisme incroyable, le genre de truc qui vous empoigne et ne vous lâche plus, la tension qui  monte, qui éclate avec un orgue (limite orgue de foire) et tout s'emballe, bref, une merveille (ajoutée à la playlist). L'album gardera cette ligne de conduite tout du long : exalté, tendu... De temps en temps, les Walkmen baissent la lumière, et nous offrent une ballade sous une lune mexicaine, et c'est Red moon, avec ses cuivres magnifiques, ou Long time ahead of us où chaque instrument joue la retenue, va à l'essentiel. Pas un hasard si c'est déjà leur quatrième disque tant on sent une maturité incroyable dans les compositions du groupe. On pense souvent à The National, d'ailleurs, plus pour l'esprit que pour la forme. Les gars de The Walkmen n'ont pas peur de la simplicité, comme sur New country, où le chanteur n'est accompagné que d'une guitare électrique.

Long en bouche (14 titres), You and me se hisse sans problème parmi les grands disques de cette année (qui compte un paquet de grands disques), ce qui n'est pas peu dire. Et je sais déjà qu'il m'accompagnera pendant encore un bon moment, ce disque romantique, lyrique et fiévreux en diable.
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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 19:32


Une chose en amenant une autre, c'est au concert des 31 Knots que j'ai vu que le label Fargo organisait une soirée spéciale avec trois des groupes de leur catalogue : The Redwalls (que je ne connaissais pas), Jesse Sykes et Joseph Arthur et ses Lonely astronauts. A Rennes, en plus. Un saut de puce de mon palindrome.

Première bonne surprise : The Redwalls, des ricains qui s'évertuent avec bonheur à sonner comme les Beatles, les Stones et Dylan. Rien de neuf, donc. Mais franchement, un vendredi soir, une bière à la main... c'est juste excellent, sans prétentions, bref... cool. D'ailleurs les gars sont sympas, j'ai pu acheter le disque au batteur et à un des guitaristes, deux mecs ravis d'être pour la première fois en France. Avec dans le regard cette insouciance des jeunes qui vivent leur rêve éveillé, les yeux grands ouverts, la tête dans les étoiles. Un petit côté Beatles période "cave à Hamburg", quoi. Le disque est bon, même si ils pompent allègrement tous les grands sans vergogne. Du plagiat total, mais du bon boulot, idéal pour les virées en bagnole, l'été.

Après la surprise, la déception. J'attendais pas grand chose de Jesse Sykes dont j'avais aimé le premier disque puis que j'avais perdu de vue, mais là... c'était au mieux chiantissime au pire catastrophique. D'autant que la demoiselle a son caractère (disons qu'elle a l'air aussi aimable qu'une mormone tombée nez à nez avec une ampoule électrique) : "s'il vous plaît mettez des lumières rouges, je vous en prie" bah oui c'est sûr, avec des lumières rouges, tu vas tout de suite mieux jouer ! Non, le pire c'est que je guettais les morceaux de son premier album, et que les rares qui ont pris l'air ce soir-là ont été massacrés : boostés par un groupe de lourdingues qui montrent à quel point ils maîtrisent leurs instruments... Bravo, les gars, content pour vous.

Et puis, ce fut le tour de Joseph Arthur, pas dans un grand soir, mais le concert fut tout de même très bon, illuminé par le lyrisme du garçon et l'énergie de ses Lonely Astronauts. Première fois que je le voyais en concert, alors que j'écoute ses disques depuis plus de dix ans. Sa musique a beaucoup changé, comment pourrait-il en être autrement ? Il s'est trouvé un bon groupe, visiblement ravi de jouer avec lui, ces morceaux sont plus rock n'roll, plus stoniens, il semble moins recroquevillé et à la dérive. Pourtant, au détour d'une ballade, c'est bien le Joseph Arthur de Big city secrets et Come to where I come from que je retrouve, à nouveau hanté par ses démons.

Cette soirée aura eu le mérite de faire le point sur Fargo, et l'état d'une partie (infime, certes, et pas forcément ultra représentative) de l'américana 2008. Les trois groupes présents n'étant pas ce qui s'est fait de mieux cette année (m'enfin quelle année !), le concert n'aura pas été désagréable, loin de là. Rarement transcendant, quoique... Joseph Arthur a eu de grands moments... Et après tout, c'est déjà pas si mal.

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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 10:58


"Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont vu les 31 Knots en concert, et les autres..." Tu l'as dit Clint ! Même si les gars de l'Oregon ne passent jamais à moins de deux heures de chez moi, même s'ils jouent toujours dans des salles aussi minuscules que leur talent est immense, je ne raterai jamais la moindre occasion de vivre un de leur concert. C'est toujours une expérience unique, qui laisse pantelant, lessivé mais heureux, avec l'impression d'être chanceux. Chanceux de croiser la route d'artistes comme eux, chanceux de connaître ce trésor caché, confidentiel, chanceux enfin de pouvoir écouter cette musique géniale qu'eux seuls savent jouer.

Alors c'est le sourire aux lèvres et le sang bouillonant qu'on approche de la Barakason, jolie petite salle en banlieue de Nantes. On n'a pas les places, ma belle et moi, mais on ne panique pas, comme je l'ai déjà dit, 31 Knots est un groupe absolument inconnu, il y aura des places. Arrivés en avance on prend deux billets et la demoiselle de la Barakason nous indique un coin sympa pour tuer les quelques deux heures avant le début du concert. On se retrouve au bord de la Loire dans un petit quartier tranquille, avec quelques bars sympas et un bon resto italien. La soirée s'annonce bien.

Après de délicieuses pastas aux noix de Saint-Jacques (eh oui on ne se refuse rien), on file de nouveau à la salle, prêt à s'en prendre plein les oreilles avec Joe Haege et sa bande. Comme souvent la première partie est anecdotique, un trio français qui tente vainement de faire du rock sous influence PJ Harvey, la sauce ne prend pas, pas grave, on n'est pas là pour eux.

Puis enfin, ils débarquent, installent le matos, et pendant un instant une vague de terreur remplit les yeux du trio : un truc semble sérieusement clocher... Deux secondes après, le soulagement sera à la hauteur de la trouille qu'ils ont eu (probablement un câble défectueux...). Résultat : alors que j'ai vraiment eu l'impression qu'il y allait avoir un gros couac et eux aussi, les voilà plus remontés que jamais ! Deux minutes plus tard, l'intro dévastatrice de City of dust résonne dans la salle, et rapidement on entre en transe.

Même si le concert du Havre gardera toujours une place à part pour moi, celui de Nantes aura été meilleur. Les nouveaux morceaux sont fabuleux en live (dommage qu'ils n'en aient pas joués plus), et les enchaînements sont encore plus fluides, plus travaillés. Joe Haege chante de mieux en mieux, et d'une manière générale ces mecs sont désormais hors catégorie : des extra-terrestres. Le concert aura été d'une intensité à couper le souffle, entre messe païenne et Orwell, visions apocalyptiques et lyrisme. Les gaillards ont maintenant une sacrée discographie et c'est avec une vraie science du dosage qu'ils piochent dans leurs eps et leurs trois derniers albums. Comme d'habitude, Chain reaction sera jouée, et comme d'hab', elle renversera tout sur son passage.
La mise en scène du concert, elle aussi, a gagné en fluidité, elle est encore plus travaillée, tout en donnant l'impression de naître devant nous, d'être totalement improvisée...

Le public de 31 Knots est aussi hétérogène que leur musique, on y croise pas mal de gens qui ne se seraient jamais vus ailleurs, et c'est tant mieux. Ce soir à Nantes, tout le monde regardait dans la même direction, hypnotisé, fasciné par ce trio hors du commun.

Le plus beau dans l'affaire, c'est que je suis sûr, désormais, que ces gars ne feront que se bonifier sur disque et en concert... et dire que Joe Haege a déjà huit nouveaux morceaux dans sa tête, prêts à nous enflammer d'ici pas tard... 31 Knots rules !
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 21:30


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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 18:48
Bonjour à tous.

Comme vous avez pu le constater, depuis septembre les publications d'articles se sont faites rares. Rentrée oblige... Et les quelques trente fidèles du blog ont déserté, logique. Résultat, la courbe d'audience de mon blog ressemble à s'y méprendre à celle des bourses des pays occidentaux et asiatiques...

Je pense avoir de nouveau du temps et surtout à nouveau de l'envie de publier quelques articles dans les jours et semaines à venir. Etant donné que le concert des 31 knots auquel j'ai assisté était hallucinant, que la soirée du label Fargo à Rennes était pas mal non plus, et que quelques toiles me tentent au ciné (genre le dernier Woody Allen , le western d'Ed Harris...), il devrait y avoir du neuf d'ici pas tard. Voilà, c'est mon plan Polson du jour...

Cette petite entreprise ne connaîtra pas la crise. Ayez confiance !
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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 18:50


Début octobre sortira le volume 8 des Bootleg series, qui s'intéresse cette fois à une période que la série n'a encore jamais revisitée - soit les deux dernières décennies qui ont vu le Zim sortir quatre grands disques : Oh mercy, Time out of mind, Love and theft, et Modern times. Pour fêter ça, Columbia se fend de plusieurs éditions, de la basique deux cds et beau livret (comme d'habitude, c'est toujours classe chez eux) au méga coffret deluxe bidule qui comporte tout de même un troisième cd, et rafraîchit le site internet consacré à Dylan en y ajoutant une sorte de Google earth vintage consacré aux concerts qu'a donnés Dylan tout au long de sa carrière. Un simple coup d'oeil suffit à se rendre compte de beaucoup de choses. Dylan a traversé les Etats-Unis en long, en large et en travers un nombre de fois qui ferait pâlir Kerouac. Il a joué au Japon, a sillonné l'Europe... mais n'a jamais foutu les pieds en Asie et encore moins en Afrique. Le dialogue entre les peuples et les cultures reste minime, même pour un type aussi grand que Dylan. Ce qui revient à se poser cette question : à côté de combien de musiciens africains aussi essentiels que Dylan pour la culture occidentale je suis passé ?

Pour accompagner la sortie de ce bootleg, un clip d'une version courte de Dreamin' of you (inédite) est sorti. Et il est génial. On y voit Harry Dean Stanton (tout de même) en bootleger, solitaire, courir après Dylan, enregistrant les concerts, traquant les playlists, soir après soir. Un personnage à la Robert Crumb, obsédé par la musique, fétichiste de l'inédit, du bootleg. Un type passionné.


Dylan et Columbia ne semblent pas à court de trésors, donc. Tant mieux. Reste au Zim à enfin publier le volume deux de ses chroniques et à sortir une suite à Modern times...


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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 19:38


Chose due ! J'en remets une couche avec 31 Knots. L'album Worried well des 31 Knots est sorti hier dans nos contrées, les diables de l'Oregon sont en concert en France fin septembre, et j'y serai le 27 à Nantes. J'ai déjà beaucoup parlé de ce groupe qui est (à mon avis) ce qui est arrivé de mieux à la musique ces dernières années. Worried well confirme ce sentiment. Le trio crée une musique incroyable d'inventivité, d'originalité, tempétueuse, inclassable. Leur musique est ouverte à tous les vents, et ne se contente pas d'être un collage d'influences bien digérées. Ces mecs doivent détenir un secret. Je me dis souvent : "mais comment ne pas y avoir pensé avant ?" en les écoutant, par exemple, stopper en plein maëlstrom et laisser un piano magnifique jouer des notes féériques. Et dans le même temps, je ne peux pas m'empêcher de me dire : "mais comment font-ils ça ? Qui d'autres pourraient jouer comme ça ?".

Worried well est d'une richesse incroyable, poursuivant le travail des deux précédents albums Talk like blood, et Days and nights of everything anywhere. Soit des morceaux totalement libres, neufs, défrichant des horizons vierges. Les 31 Knots convoquent guitares saturées, piano, choeurs, cuivres, basse élastique, et la voix de Joe Haege, complètement possédée et nous embarquent très loin.

Ce nouvel album place la barre encore plus haut que ses prédécesseurs, et est devenu pour moi rapidement très addictif tant il recèle de beautés, d'énergie, d'inédit... Ecouter les 31 Knots aujourd'hui, c'est se refaire une virginité musicale, ni plus ni moins. 
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