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Badlands de Terrence Malick, True Romance de Tony Scott


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La Médiapole de mon palindrome est un endroit régulièrement déprimant et frustrant, ils n'ont quasiment rien, et quand ils ont quelque chose c'est hors de prix. Mais parfois, la chance me sourit, quand je me donne la peine de chercher, de fouiner. Denières affaires en date : Extra Width du Blues Explosion pour pas cher et Badlands, le premier film de Terrence Malick. C'est le seul film de lui que je n'avais pas encore vu. Tout ce qui fait le cinéma de Malick est déjà là : la voix off, la contemplation de la nature, la science des plans... 

Malick filme deux ados (Martin Sheen, Sissy Spacek) que leur morne quotidien étouffe et qui décident d'en sortir en dézinguant tous ceux qui pourraient nuire à leur bonheur. Sheen tue donc à coups de fusil le père de la fille sous ses yeux, sans que celle-ci ne réagisse. Puis ils partent et le road-movie sanglant commence. Tout ça sonne comme du déjà-vu, mais bien-sûr, Malick traite le sujet comme personne. Aucune violence gratuite (les assassinats sont tous motivés par une raison précise : exister), peu de dialogue, une photo superbe. Le film deviendra une référence, une matrice pour de nombreux réalisateurs, et donnera lieu à d'autres chef-d'oeuvre, dont le génialissime True Romance que je pourrais regarder encore et encore, tellement il m'impressionne.

C'est en voyant pour la première fois Badlands que j'ai pu mesurer à quel point True Romance doit beaucoup à ce film. D'abord, il y a la musique. J'ai bien cru pendant tout le film que c'était le même score, et donc que Tony Scott l'avait repiqué tout simplement. En fait il s'agit d'une partition de Carls Orff (le compositeur de l'archi-connu Carmina Burana, qui - au passage - m'a jamais fait grand chose) reprise telle quelle par Malick et arrangée par Hans Zimmer pour True Romance. J'adore cette musique, sans trop savoir pourquoi. Mais écoutez plutôt :



Puis, il y a le thème des deux films : une histoire d'amour, mêlée à la violence. Les deux couples cherchent leur place au paradis, et n'hésitent pas à tuer pour ça. Les similitudes entre les tourtereaux sont flagrantes : Martin sheen en éboueur, cow boy à la James Dean, Christian Slater en vendeur de comics fan de ciné asiatique et d'Elvis, Patricia Arquette, femme forte et amoureuse transie, Sissy Spacek tout aussi forte et amoureuse.

Evidemment, True Romance n'est pas un remake de Badlands, ni un véritable hommage, le film est même meilleur à mon avis (ou en tous cas je le reverrai avec plus de plaisir que Badlands), mais à sa manière, il dit à qui veut l'entendre qu'il a une de ses racines chez Malick et son fameux Badlands. Quand on sait que Tarantino a écrit le film de Scott et quand on connaît la cinéphilie encyclopédique du bonhomme, on peut légitimement penser qu'il ne s'agit pas là que de simples coïncidences. Jusqu'à la toute fin, l'ombre de Badlands plane sur True Romance, les deux films se terminant sur la même image d'un coucher de soleil.

Dernière anecdote (quoique, est-ce si anecdotique ?) : c'est en voyant la scène entre Gandolfini et Arquette dans le film de Scott que les producteurs des Sopranos ont décidé de prendre Gandolfini, pour ce qui allait devenir une des plus grandes séries de l'histoire de la télévision... portée par un acteur hors du commun. On doit décidément beaucoup à Malick.
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