Début octobre sortira le volume 8 des Bootleg series, qui s'intéresse cette fois à une période que la série n'a encore jamais revisitée - soit les deux dernières décennies qui ont vu le Zim sortir quatre grands disques : Oh mercy, Time out of mind, Love and theft, et Modern times. Pour fêter ça, Columbia se fend de plusieurs éditions, de la basique deux cds et beau livret (comme d'habitude, c'est toujours classe chez eux) au méga coffret deluxe bidule qui comporte tout de même un troisième cd, et rafraîchit le site internet consacré à Dylan en y ajoutant une sorte de Google earth vintage consacré aux concerts qu'a donnés Dylan tout au long de sa carrière. Un simple coup d'oeil suffit à se rendre compte de beaucoup de choses. Dylan a traversé les Etats-Unis en long, en large et en travers un nombre de fois qui ferait pâlir Kerouac. Il a joué au Japon, a sillonné l'Europe... mais n'a jamais foutu les pieds en Asie et encore moins en Afrique. Le dialogue entre les peuples et les cultures reste minime, même pour un type aussi grand que Dylan. Ce qui revient à se poser cette question : à côté de combien de musiciens africains aussi essentiels que Dylan pour la culture occidentale je suis passé ?
Pour accompagner la sortie de ce bootleg, un clip d'une version courte de Dreamin' of you (inédite) est sorti. Et il est génial. On y voit Harry Dean Stanton (tout de même) en bootleger, solitaire, courir après Dylan, enregistrant les concerts, traquant les playlists, soir après soir. Un personnage à la Robert Crumb, obsédé par la musique, fétichiste de l'inédit, du bootleg. Un type passionné.
Dylan et Columbia ne semblent pas à court de trésors, donc. Tant mieux. Reste au Zim à enfin publier le volume deux de ses chroniques et à sortir une suite à Modern times...