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L'impasse de Brian de Palma


J'ai vu L'impasse (Carlito's way en V.O.) pour la première fois il y a quelques mois, sur les conseils d'un ami. J'avais loué le dvd. Grossière erreur. J'aurais dû l'acheter - ce qui est chose faite depuis peu. J'ai donc pu revoir ce chef-d'oeuvre pas plus tard qu'hier, et comme avec tous les grands films, c'est encore plus fort à la deuxième vision, puis à la troisième, à la quatrième... (pour moi il y aura une troisième, une quatrième...)

Dès le générique, il ne fait aucun doute qu'on est devant un film de De Palma : long plan séquence, au ralenti,
avec des mouvements de caméra typique du cinéaste, et Pacino est de nouveau de la partie, après Scarface. L'histoire est simple : Carlito Brigante (Al Pacino) est un dealer qui a pris 30 ans, mais que son avocat Kleinfeld (Sean Penn) réussit à faire sortir au bout de cinq ans pour vice de procédure. Décidé à se ranger, Brigante n'a plus qu'une idée en tête : se faire oublier, réunir le plus vite possible 75 000 dollars et s'envoler pour les îles pour s'associer à un ami et... louer des voitures.  Entre temps, son nom est devenu une légende dans la rue et personne n'est réellement prêt à le voir prendre sa retraite.

La voix-off de Pacino hante tout le film alors qu'on voit le piège se refermer lentement mais sûrement sur Carlito. Les mauvaises fréquentations reviennent lui tourner autour à peine a-t-il mis le pied dans le quartier qui l'a consacré big boss de la came. Mais Carlito s'accroche à son rêve, et coupe court à toutes les propositions : non, je suis à la retraite, foutez-moi la paix. Il reprend une boîte de nuit et commence à réunir les 75 000 dollars, précieux sésame pour une nouvelle vie. Il y croise un jeune dealer aux dents longues "Benny Blanco du Bronx" et ne supporte pas de voir dans ce gamin ce qu'il était autrefois. Il retrouve aussi Gail, une danseuse avec qui il était avant la prison, la séduit à nouveau et lui confie son envie de prendre le large. Ce retour aux sources pour Carlito est filmé magistralement par De Palma, la scène dans laquelle Pacino se retrouve sur le toit d'un immeuble, sous une pluie battante, pour y voir Gail, est intouchable.

Le film est sorti en 94 en France, et a révélé bon  nombre d'acteurs, comme Sean Penn qui campe un avocat véreux et cocaïnomane, qui fricote avec plus fort que lui, ou encore Viggo Mortensen en pathétique loser, truand à la petite semaine qui finit cloué dans un fauteuil à faire la pute pour le gouvernement pour espérer une remise de peine. Pacino est fantastique, mais est-ce une surprise ? A-t-il seulement été moyen un jour dans sa vie ce type ? Il est le seul acteur à avoir pu jouer avec autant de génie tous les aspects du mafieux, du classieux parrain de Coppola, en passant par le pauvre presse-bouton dans Donnie Brasco, il sait tout faire.

De Palma n'est pas en reste, il nous refait même le coup des Incorruptibles, avec un final à couper le souffle dans une gare. Sauf qu'ici le bébé balotté dans son berceau qui dévale les marches semble être Carlito lui-même, pris au piège, traqué, courant après son rêve - un train pour Miami, puis un avion direction les îles - et le manquant de peu. Les escalators ont remplacé les marches glacées de la gare des Incorruptibles, mais la même tension règne. Moi aussi je tomberai à chaque fois dans le piège tendu par De Palma, en voyant Pacino si fragile en Carlito, petit dealer portoricain qui recherche la rédemption et qui n'y aura jamais droit, celui de nous faire croire le temps des 2h20 que dure le film qu'il a peut-être une chance, qu'il doit s'en sortir. Mais L'impasse n'est pas un conte de fées. Gail n'est pas la danseuse qu'elle a toujours rêvé d'être, mais cachetonne dans une boîte de strip-tease, Kleinfeld n'est pas le brillant avocat qu'il prétend être, mais un pourri qui joue mal le coup. Les amis de Carlito ne sont que des petites frappes qui ignorent tout du code d'honneur. Seul Carlito est réellement ce qu'il dit être et il va payer pour ça. Cruelle morale, non ?
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M
Va voir la video postée dans les commentaires !<br />  http://www.myspace.com/officiallifttoexperience<br /> J'y étais !
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B
yep ! pour moi ce gars a la plus belle voix actuellement.  j'espère sincèrement qu'il va se remettre au travail. ça me flingue de savoir qu'un talent pareil existe dans ce bas-monde et qu'il n'y a pas de disque en vue. "we sing this song because we have to not because we want to"
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M
Rien à voir, je viens de remettre la main sur cet article absolument passionnant et indispensable pour un mec comme toi…<br /> <br />  <br /> <br /> http://mycherieamour.blogspot.com/2005/02/josh-t-pearson.html<br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> Après avoir lu ça je me dis qu’on a vraiment eu de la chance de pouvoir passer ne serait-ce qu’un petit moment avec ce type. C’est tout simplement un génie, un être à part, totallement illuminé (dans tous les sens du terme)…<br /> On a de la chance de connaître Lift to Experience… quand je lis cet article j’ai quand même parfois peur qu’il ne sorte plus jamais rien…<br /> D’autant que je crois qu’il n’a plus le soutient de Bella Union, son label… enfin bon, peut-être que je dramatise, il va faire une quinzaine de dates au Royaume Unis et en Allemagne durant le mois de novembre.
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B
Merci Max ! c'est vrai pour Patchanka, mea culpa. J'ajoute que c'est Max l'ami en question qui m'a conseillé ce chef-d'oeuvre (et bien d'autres dont je parlerai pt-être qui sait ?). Moralité quand ce type vous conseille quelque chose ne louez pas : achetez ! vous gagnerez du temps. c'est noté pour yo la tengo.
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M
Superbe ! Rien à ajouter… Le meilleur De Palma qu’il m’est était donné de voir. Une histoire bouleversante d’humanisme. J’aime le personnage de Carlito Brigante… D’une manière générale, les truants reportent toujours leur tords sur les autres, la société et le système. Lui a compris de quelle manière tout ce qui lui arrivait était de SA faute, de SA responsabilité… On le voit faire l’effort de redemption avec courage, simplicité et honnêteté. On voit aussi de quelle manière la société toute entière lui fait obstacle… car elle a besoin de lui en tant que truant et non en tant que loueur de voiture. C’est d’une injustice affligeante… ce qui n’était qu’une excuse à la base (le fait que tout était de la faute de la société) devient la réalité au fur et à mesure… et comme tu le dis, le piège se referme.<br /> Quand une histoire aussi forte est portée à l’écran par un cineaste incroyable et un casting parfait (comment as-tu pu oublier Patchanka ? Il est excellent en traitre minable). Un grand film, un très grand film…<br /> <br />  <br /> <br /> A part ça, je te conseille d’écouter le dernier album de Yo<br /> la Tengo<br /> , c’est une merveille ;-)
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