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Madame Butterfly au Royal Albert Hall


Avouez que ça en jette pas mal comme titre les amis ! Eh oui, j'ai eu la chance d'assister à la représentation de Madame Butterfly, l'opéra de Puccini, à Londres, au Royal Albert Hall - le tout joué par le Royal Philarmonic Orchestra, s'il vous plaît. C'est pas tous les jours qu'on se paie un opéra à Londres, et puis quel opéra ! Je suis néophyte en la matière, mais des quelques-uns que j'ai écoutés, celui-là est sans doute le plus puissant, le plus bouleversant. Puccini y va à fond, dans le genre tragédie on peut difficilement faire mieux.

Je l'ai découvert sur les conseils de mon frère à qui j'avais demandé de me conseiller son opéra favori. Il m'a répondu immédiatement
Madame Butterfly, et m'a filé l'enregistrement. C'était il y a quelques mois. Puis, un week end à londres et coup de chance inouï, il passe au Royal Albert Hall et il reste des places, pas chères qui plus est. L'occasion était trop belle et j'ai pu profiter du spectacle à fond étant donné que je connais l'opéra par coeur (je l'écoute sans arrêt depuis que mon frère me l'a conseillé).

Rendez-vous était donc pris à 7.30 pm comme ils disent, à cette salle mythique qu'est le Royal Albert Hall. Après un thé - comme il se doit - dans un minuscule café, on récupère les places, et on s'installe, avec une vue plongeante sur la scène circulaire, lieu du drame qui se prépare. Le décor est superbe, on voit une maison japonaise, entourée d'un jardin baignant dans l'eau. Puis à l'heure précise, le Royal Albert Hall se remplit en quelques secondes, les lumières se baissent et la musique de Puccini résonne. La suite, c'est trois heures absolument intouchables, pendu aux lèvres de Butterfly.

Les Anglais, qui ne font jamais rien comme tout le monde, ont fait traduire le livret de Puccini, mais ça ne m'a pas gêné plus que ça. Parfois c'était un peu moins coulant, c'est tout. Les interprètes étaient fabuleux, la mise en scène, sobre et élégante, l'endroit magique. Et puis, il n'y a rien à jeter dans cet opéra, les thèmes sont magnifiques, puissants quand il s'agit de Pinkerton, l'Américain (d'ailleurs, Puccini a inséré des passages de l'hymne américain dans sa partition), plus léger et raffiné quand il s'agit de Butterfly, la Japonaise.

Et cette fin, ah cette fin... ça colle des frissons. Mais ne comptez pas sur moi pour vous la raconter.
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