
J'ai découvert Of Montreal grâce à leur précédent album, le génial Hissing fauna, un disque mêlant electro, pop, rythmes funk, harmonies vocales à la Beach Boys, le tout servi dans un tempo effréné, carburant à dix idées par morceau. Le challenge pour ces gars là était donc de répondre aux attentes suscitées par Hissing Fauna, mais je voyais mal comment ils pourraient faire mieux. Et débarque Skeletal lamping, un disque monstrueux dans tous les sens du terme. Monstrueux car gavé à ras-bord (15 titres qui contiennent tous plusieurs pistes, plusieurs ambiances, des ruptures, des faux départs). Monstrueux par sa qualité, qui ne faiblit jamais, avec des mélodies pop qui tombent littéralement du ciel (écoutez An eluardian instance sur la playlist, rien que celle-là, et vous comprendrez). Monstrueux aussi à l'image de sa pochette, belle objet qui se déplie dans tous les sens pour montrer un dessin entre paradis et cauchemar, sorte de jardin d'Eden où tout le monde est à poil, mais entouré d'étranges plantes carnassières.
Skeletal lamping est donc monstrueux. Quand on l'écoute les premières fois, la somme d'influences, de sons, d'idées, de mélodies, d'ambiances laissent limite KO, heureux mais légèrement déphasé, avec une seule idée en tête : retrouver tel passage fabuleux, à tel moment. Dès lors, les dizaines d'écoutes suivantes sont soumises à enjeux : "à quel moment y'a ce passage incroyable où j'ai eu l'impression d'entendre les Beach Boys ?" ; "à quel moment j'ai cru entendre Curtis Mayfield ?" Et quand le disque semble avoir révélé tous ses mystères, on découvre toujours un enchaînement étrange, une partie de basse passée inaperçue...