Levez-la main droite et dites "je le jure !". Combien de réveillons avez-vous passé à regarder dans votre assiette en priant pour que le DJ ne vous choisisse pas vous pour démarrer la chenille ? Combien de fois avez-vous passé le cap de la nouvelle année avec, bien à fond, vous martelant les oreilles, ce putain de Petit bonhomme en mousse ? Héhé, pas de pot les amis. Je fais le malin, mais ça m'est arrivé aussi. Heureusement, cette année, la Saint Sylvestre a été totalement classe et rock n' roll. Avec un ipod gavé de bons disques, et un petit malin (votre serviteur) qui s'éclipsait de temps en temps pour mettre le dernier-truc-qui-tue-et-qu'il faut-absolument-que-t'écoutes. Eh oui, à minuit au lieu de Cloclo ou de I will survive, on s'est écouté les Twilight Singers. Qui dit mieux ?
Apparemment, cinq millions de Français auraient un problème avec l'alcool. Quand on y réfléchit un peu, ça donne une société d'alcoolos. Et à la Saint Sylvestre, on explose tout, à en foutre les boules aux Irlandais. Chacun y va de sa petite cuite ce soir-là, alors qu'on ne me jette pas la première pierre, hein ! J'ai quand même pas fini à dégobiller dans le caniveau. Non, loin de là, même. Tout en classe rock n' roll. Enfin en rock n' roll.
Tout a commencé tranquillement, comme tous les soirs de la Saint Sylvestre, on attend minuit en jetant des coups d'oeil à la montre, en sirotant une flûte de soupe de champagne et en mangeant des trucs qu'on mange qu'une fois dans l'année. Et puis, minuit arrive, on s'embrasse tous, et on file chez les parents du Bill juste à côté histoire de brailler des BONNE ANNEE et de se faire payer une coupe (comme si on en avait pas suffisamment de notre côté). Après une tentative de vol commise par votre serviteur (le coffret intégral de Brel) qui aura tournée court (ce qui me fait penser qu'un de ces quatre, j'irai de mon petit post sur le grand Jacques), on repart illico presto terminer la soirée.
Sévèrement attaqué à la soupe de champagne, au champagne tout court, au Gewurztraminer, au vin rouge et au vin chaud, j'entends Damage du Blues Explosion, feins la surprise alors que c'est moi qui ai mis le disque, et je me mets à tourner autour de la table en gueulant un sacré discours, une philosophie de vie, un truc qui vous remue quand vous l'entendez, qui remet les compteurs à zéro, qui laisse à penser : des YEAH YEAH YEAH YEAH BLUUUUUUUUUUUUUUUES EXPLOSION !
Vers 5h du mat', il ne reste que quelques têtes brulées, et commence alors une joute oratoire sur les mérites des groupes rock de l'année. Je me lance dans mon numéro de Lester Bangs aviné (Lester Bangs, un type dont je vous parlerai bientôt les amis, ou plutôt kids, comme dirait Mister Bangs) en taclant méchamment les Arctic Monkeys avec des arguments solidement ancrés dans la mauvaise foi mais merde, il est 5h du mat' et la subjectivité a tous ses droits, non ? Bien-sûr, quasiment aucun de mes arguments n'étaient recevables ("ils ont des têtes d'engliches comme c'est pas permis, le bassiste est un gros lourdaud qui sue sur scène parce qu'il est trop con pour retirer son duffle coat", ce genre), donc attention, ne faites ce numéro qu'avec des potes compréhensifs, qui vous pardonneront dans la seconde parce qu'ils se disent qu' "il-est-con-pédant-chiant-mais-qu'est-ce-qu'on-peut-y-faire-c'est-un-ami".
"Mais il est tard, Monsieur", comme dirait le grand Jacques. Finalement, tout le monde va se coucher, on rentre à pied tranquille sous la pleine lune, en se disant que non, 2007 nous aura pas, trois petits points.