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Jimmy Chamberlin : drums / Billy Corgan : all the rest





Eh oui, il est comme ça Billy : il ne s'embarrasse pas. Le titre de ce post reprend mot pour mot les crédits de Zeitgeist, dernier album des Smashing Pumpkins, sans Iha et sans D'Arcy, donc. Que des types hurlent au scandale parce que la bassiste et le guitariste originels ne sont pas de la partie reste un mystère pour moi. Faut vraiment être d'une naïveté confondante, voire d'une profonde débilité pour n'avoir pas encore compris que les Pumpkins c'est Corgan et Chamberlin : au premier revient le génie de la mélodie, des arrangements, de l'incroyable capacité à se renouveler et à créer des univers forts, au second revient un jeu de batterie tout simplement hallucinant, d'une intelligence rare. Avec pareilles notes de pochette, cette fois le doute n'est plus permis. Bien-sûr ça aurait été sympa que D'Arcy et Iha soient tous deux, une fois encore, de la partie, mais le bonheur de retrouver les Pumpkins est intact, sept ans après et alors que le groupe avait fait sa tournée d'adieux. Car Zeitgest est une bonne surprise, d'autant plus qu'il est très surprenant puisque totalement régressif. Attention, les Pumpkins n'ont pas régressé (même si l'album n'atteint pas le niveau des trois chefs-d'oeuvre précédents). Ils ont juste enregistré une douzaine de morceaux typiquement 90'. Comme ce qu'ils faisaient avant de sortir Mellon Collie, avec une maîtrise accrue et une évidence mélodique qu'ils n'avaient pas il y a 15 ans.

Tout commence donc par deux titres à la violence sèche, où l'on retrouve la batterie lourde, métronomique et virtuose, et les couches de guitares saturées qui frappent là où ça fait mal. Yeah ! Ils sont bien de retour, avis aux cyniques et blasés de tous poil : vous allez vous régaler pendant vos soirées à démonter ce disque et à vomir sur Corgan. " Ce type se prend pour qui ? Qu'est-ce que c'est que cet heavy metal affreux ? Et de toute façon depuis Adore, il n'a rien sorti de bon et blablabla." Sans parler du sempiternel : "ils font ça pour la thune !" Ah bon ? Quand ils ont sorti Machina II gratuitement (en le mettant en ligne), à côté de combien de millions ils sont passés ?

Après plusieurs écoutes attentives, Zeitgeist offre un condensé de ce que Corgan sait faire de mieux, à l'exception du magnifique Adore dont il ne reste pas la moindre trace dans ce nouveau millésime. Les premiers titres rappellent les Pumpkins des débuts, alors qu'un titre comme That's the way (my love is) fait écho à Try try try, période Machina. Surtout, on sent tout au long du disque un vrai plaisir. On sent que ces deux là avaint besoin de retourner là où ils s'entendent le mieux : en studio, à jouer des morceaux franchement rentre dedans avec l'appétit d'adolescents qui préparent leur premier concert. Plaisir partagé les gars. Il suffit d'écouter le passionnant United States, long de neuf minutes, pour se rendre compte que ces deux-là maîtrisent parfaitement leur sujet.

Le mieux dans cette histoire, c'est qu'ils sont repartis sur les routes et qu'ils poseront amplis et tenues de scène à Saint Malo pour la Route du Rock dans moins d'une semaine et que j'y serai les amis. Les voir sur scène sera une grande première pour moi, qui n'y croyais plus étant donné leur split. Et je me sens un peu comme eux : comme un adolescent qui irait à son premier concert. Frissons garantis.
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