Dernière soirée malouine, avec le dernier grand moment du festival : Sonic Youth. Pour un concert particulier, puisqu'ils rejouaient, en intégralité et dans l'ordre leur Daydream Nation, album culte s'il en est, sorti en 1988. Alors que le concert des Pumpkins est encore sur toutes les lèvres, et que le grand jeu est de les descendre, en clamant haut et fort que leur tournée c'est juste de la nostalgie, sans surprise, il n'y aura personne pour balancer ce genre d'arguments à l'encontre de Sonic Youth - c'est vrai que rejouer un disque qui a près de vingt ans, c'est pas de la nostalgie, hum - ce qui en dit plus long sur la bêtise des festivaliers que sur les fantastiques américains soniques - eh oui, les Sonic Youth sont intouchables, et à raison, d'ailleurs.
Ils investirent donc la scène vers 23h et des poussières, devant un public conquis d'avance, connaissant par coeur Daydream Nation, et ravis de pouvoir l'écouter en live avec toute l'énergie que cela suppose. En prime, ils squatteront la scène après avoir achevé l'album, avec des morceaux du dernier album Rather Ripped, et je me suis aperçu que j'ai pris plus de plaisir à écouter ces morceaux - qui prouvent tout leur savoir-faire mélodique, tout en prolongeant intelligemment leur univers expérimental - que ceux de Daydream Nation. D'autant que je m'apprêtais à quitter les lieux, avant d'entendre ce bon vieux Lee Ranaldo hurler un "back to the 21st century !!!" et attaquer pied au plancher Incinerate. Belle soirée, donc. Quand même, en deux soirs : les Pumpkins et Sonic Youth ! Des groupes que j'ai découverts il y a plus de 10 ans et que j'écoute toujours religieusement maintenant, ce qui me fait marrer quand je repense à mes parents en train de me dire " t'écouteras ça 6 mois pas plus" - des vrais Nostradamus, non ? Héhé. Oui, 10 ans pour enfin les voir, et comprendre que je ne m'étais pas planté. Et savoir, pour sûr, que ces musiciens sont tout simplement géniaux, savoir ce qu'est le charisme, l'aura, en restant scotché à Corgan, réaliser à quel point Sonic youth est un groupe immense, et que ces membres me sont étonnement proches (ah... Kim Gordon, Steve Shelley, Thurston Moore, et Lee Ranaldo !). Alors oui, bien-sûr il y a de la nostalgie, quand je vais les voir je me rappelle qu'à 15 ans je dessinais la machine à laver de Washing machine (un album dément de Sonic Youth) sur mes classeurs. De là à dire que c'était mieux avant, faut pas pousser. Rock'n'roll's not dead ! Et ce sera prouvé une énième fois le 27 octobre au Havre avec les 31 Knots et le 13 octobre avec Heavy Trash (le nouveau groupe de Monsieur Jon Spencer !!! J'y serai, aux premières loges, la langue pendante.
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Musique encore et toujours : et là, les amis vous êtes gâtés, maintenant grâce à la petite application à gauche, vous pourrez écouter directement des morceaux en streaming car il semblerait que la SACEM, entre autres, ait enfin compris la différence entre streaming et téléchargement - et pourvu que ça dure. Des morceaux sélectionnés par votre serviteur, ça va sans dire ! Au programme, LE chef-d'oeuvre du dernier album de The Coral Roots and echoes. Cobwebs ou le coup de la chanson parfaite : je baiserai volontiers les pieds du guitariste si je le croise un des ces quatre ! Ecoutez cette dentelle qui court sous ses doigts... un sommet de mélancolie, comme seule la pop anglaise est capable d'en créer. Et puis des morceaux des groupes qui sont passés à la Route du Rock, comme les excellents The National, un grand Dylan, le magnifique aria de Madame Butterfly, beau à en chialer, un titre immense de Porno for Pyros (mais si : le groupe de Perry Farrell) Tahitian Moon, et un morceau des 31 Knots, tout simplement énorme. Alors, cette fois : que demande le peuple ?