Nouvelle direction pour Dylan au milieu des années 70. Après avoir sorti un chef-d'oeuvreabsolu, Blood on the tracks, il part sur la route avec une sorte de cirque itinérant, la Rolling Thunder Revue qui l'amènera un peu partout dans le monde. Pour l'occasion il invite pas mal de monde (même Joan Baez), et joue, tous les soirs, ses classiques des années 60, et ses nouveaux morceaux (ceux de Blood on the tracks, et ceux de Desire). Un Bootleg (le cinquième de la série) est sorti il y a quelques années, reprenant des bandes captées live lors de ces concerts phénoménaux, où l'on peut entendre un Dylan, voix magistrale, revisiter ses classiques, les réarranger, comme Lou Reed l'a fait avec les chansons du Velvet. D'ailleurs, le Bootleg de la Rolling Thunder Revue me fait beaucoup penser au Rock n' roll animal de ce bon vieux Lou. Là encore, le Zim a dû faire bondir ses fans puristes avec des arrangements complexes, électrifiés de chansons comme A hard rain 's a gonna fall, ou It ain't me babe. Mais peu importe.
De temps en temps, après des débauches d'énergie et d'électricité, il reprend sa guitare, et son harmonica, le visage blanchi, chapeau bohème, jambes arquées et chante les plus beaux morceaux de Blood on the tracks. Puis le cirque reprend, et c'est Hurricane avec un violon parfait, One more cup of coffee... le concert se termine par Knocking on heaven's door (que vous retrouverez dans la playlist, les amis, avec One more cup of coffee), le rideau se baisse sur une fanfare de cirque pendant que Dylan, en maître de cérémonie lance un truc du genre : "merci beaucoup d'être venus, on repassera bientôt dans votre ville, on espère que vous serez là !"
A quoi on reconnaît un grand, un immense artiste ? Sûrement au fait que lorsqu'on croit en avoir fait le tour on découvre encore quelque chose, une incarnation, une période, un morceau. Dylan est inépuisable.