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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 10:56


Quelle année ! Des disques à tomber par terre tous les quinze jours ! Revers de la médaille : certains de ces albums peuvent passer inaperçus ou presque. Les Black Keys, par exemple : le groupe est excellent, ils sortent des albums avec la régularité d'un Woody Allen, et on sait que le résultat est toujours grandiose. Alors dans le flot incessant de grands disques, j'ai mis de côté le dernier Attack and release en me disant que j'aurai le temps de l'écouter plus tard... Et puis le Spiritualized déboule, Isobel Campbell et ce diable de Lanegan remettent ça, Les Gutter Twins sortent enfin leur album et les Black Keys de passer à la trappe... injustement !

Eh oui, Attack and release est une merveille ! J'ai vaguement entendu la pauvreté des débats entourant cet album, produit par Danger Mouse : les Black Keys ont perdu leur intérêt, c'est trop produit et blabla blabla, la même bouillie des indés purs et durs qui, lorsqu'ils aiment un groupe, veulent que celui-ci fasse sempiternellement le même disque, avec le même son, soit, dans le cas des Black Keys, un blues cradingue sorti de leur cave et enregistré en un rien de temps avec les moyens du bord. Et merde, ils ont pas le droit de sortir de leur cave, ces mecs ? De rajouter des couleurs à leur palette ?

Bref... Moi, personnellement, ils auraient pu le faire produire par Justin Timberlake si ça les bottait, au vu du résultat j'en aurai rien eu à secouer. Car tous les morceaux sont monstrueux et plutôt que de renier leurs racines, les Black Keys les enrichissent, les font aller de l'avant, et m'envoient directement au septième ciel, une bière à la main, peinard. Tout commence avec une des plus grandes entrées en matière qui soit : un son d'orgue et un riff blues parfait, et toujours cette voix démente. C'est All you ever wanted, et c'est exactement ça que je veux des Black Keys : la meilleure définition du cool. Dès le deuxième morceau, on retrouve les Black Keys là où on les avait laissés, se gavant de Magic Potion jusqu'à la lie : I got mine : non seulement ça fonctionne, non seulement c'est la musique la plus bandante qui soit, mais en plus ça me manquait, et j'aurai toujours besoin de ça : du blues, bien lourd, point barre. La seconde partie du morceau les voit explorer le psyché poisseux et bien entendu, comme ces gars sont géniaux, ils excellent aussi là-dedans.

Strange times déboule, et au cas où il y aurait encore des récalcitrants, balaie tout  sur son passage avec une batterie énooooorme et un riff qui l'est tout autant. Psychotic girl est à ranger parmi les très bonnes surprises de ce nouvel opus : petit banjo, riff indolent, clavier malsain dont la mélodie vous rentre instantanément dans la tête, pour ne plus vous lâcher, et cette fille psychotique qui vous fait de l'oeil... sans parler des choeurs... dément. Lies est un des morceaux les plus sombres de leur répertoire, il claque comme un orage d'été. Et putain ce que j'aime les orages d'été qui vous libèrent d'une journée écrasante et trop lourde. Le dyptique Remember me (side A and B) est la pièce centrale du disque : sur la face A : une ballade magnifique à déguster sur un vieux rockin chair devant un champ de coton, sur la face B les Black Keys balancent du lourd, pour un titre incendiaire. Et voilà : les deux faces condensées donnent un panorama parfait du génie des ces gars-là.

Je pense que Same old thing a dû faire fuir tous les ayatollahs dont je parlais plus haut avec sa flûte tout droit sorti de disques du Wu Tang Clan (c'est que chez ces gens on ne mélange pas les torchons et les serviettes). Peu importe, le morceau est brillant, d'ailleurs il n'y a rien à jeter, pas de temps faible sur le disque, comme à chaque fois. Les trois derniers morceaux intègrent eux-aussi des nouveautés dans le son des Black Keys (le solo de So he won't break, par exemple). Et puis il y a la dantesque Ocean and streams (en écoute ici) ahh le trémolo dans la voix (anymooooooore) !

Things ain't like they used to be conclut parfaitement l'album. Non les choses ne sont plus ce qu'elles étaient pour les Black Keys. Il était temps pour eux de se renouveler. C'est fait, et avec brio, ce qui en soi, n'est pas une surprise. On pourra toujours compter sur eux.

Attack and release est donc leur album le plus varié, le plus ambitieux et (tout leur génie est là) le plus accessible.

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Published by Ben - dans freretoc
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commentaires

klak 29/06/2008 14:06

bonjourles black keys évoluent et ceux que ça dérange n'ont rien compris. on entend pas ici le génial lent vacarme de thickfreakness mais pourtant c'est exactement la même base de blues poisseux, y a qu'à écouter lies, toujours le même poids sur la voix triste et fatiguée ...

Ben 28/06/2008 12:40

c'est pour ça que je dis que j'ai vaguement entendu ce qui se disait autour du disque, en fait je n'ai quasiment rien lu dessus... et tant mieux s'il a été plus apprécié que ce que je croyais ! vive les black keys !!!!

Max 26/06/2008 13:20

Ro Putain Neil Young est en train de s'amuser à reprendre "a day in a life" en concert !!!!!!! Ca doit être énorme...(oui je sais y aucun rapport) 

Max 26/06/2008 09:52


C’est marrant moi j’ai plutôt le sentiment que
tout le monde l’a bien aimé ce disque. Je n’ai pas trop lu de critiques
négatives et quand c’était le cas, c’était juste que le mec n’aimait de toute
façon pas les black keys. Ca m’a d’ailleurs surpris, je m’attendais à plus de
«c’était mieux avant ». En ce qui me concerne j’ai vraiment confiance en
ce groupe, je m’en lasse pas… et ce sont des tueurs en concerts.
J’aurai quand même voulu voir ce que cet
« Attack & Release » aurait donné avec Ike Turner.