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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 16:55


YEAAAAAAAAAAAAH !!! Voilà ce que j'ai envie de hurler en écoutant ce terrassant A ass pocket of whisky de R.L. Burnside, aidé du Blues Explosion. Nom de Dieu quel disque. Du blues rentre-dedans, joué à fond, et enregistré en un après-midi. Le son est terrible, les riffs imparables, le tout laisse K.O. les jambes en feu d'avoir tapé le rythme comme un damné, la nuque douloureuse pour avoir balancé la tête tout du long, et la voix éteinte à force d'avoir hurlé comme un dingue des trucs aussi essentiels que " WHAT ?!", "HEY !", "YEAH !". "OOOOOH SHIT !" ...

A ass pocket est un disque récréatif, pour les musiciens qui l'ont enregistré (l'ambiance qui régnait est parfaitement retranscrite sur les bandes) mais aussi et surtout pour ceux qui auront la chance de l'écouter. Le vénérable label Fat Possum qui a distribué le disque garantit un "satisfait ou remboursé". A mon avis, ils n'ont rien eu à rembourser...

The blues is still number one !


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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 14:18
Un tel morceau pourrait facilement se passer d'images tant il en fait naître dans le cerveau, mais le clip est loin d'être mauvais, en tout cas il est intéressant. C'est Wucan des Black Mountain. Poussière d'étoiles, hallucinations, aller-simple pour le cosmos, dérive nocturne, voilà le programme.

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 17:22


Je devais avoir 16 ans. J'étais à Dijon, il faisait beau, j'étais dans un bus avec sous le bras un disque qui me faisait saliver depuis un moment, le premier album des Stone Roses. Il avait déjà un goût d'été ce disque, il sentait la pop, la légèreté, une certaine forme d'arrogance juvénile aussi (ah ces britons). Je m'étais empressé de déchirer le plastique (si quelqu'un arrive à faire ça rapidement et sans perdre son sang-froid, qu'il me fasse signe...) et je scrutais la pochette. Je savais déjà que les citrons étaient un clin d'oeil à mai 68, et d'une manière générale à toutes les émeutes urbaines (le citron étant utilisé pour freiner les effets des gaz lacrymongènes), je savais aussi que c'était John Squire le guitariste qui avait peint la pochette (le garçon a été marqué par Pollock à vie visiblement...). Je savais surtout que ce premier album avait été leur seul coup d'éclat, et que le second (The second coming) n'était pas du même niveau et que le groupe avait explosé ensuite.

J'ai donc acheté l'album 8 ans après sa sortie en 1989. A l'époque il venait réveiller une Angleterre engluée dans les synthés, la sinistrose new wave, et la médiocrité des années 80. Quatre jeunes branleurs de Manchester débarquaient avec la ferme intention de redonner ses lettres de noblesse à la pop, avec une envie et un talent ahurrissants. Et des fringues bagguy. Et des litres de peinture. Et un guitariste génial, et un batteur extra-terrestre. 1989, il était temps. Commencées avec Joy Division, les années 80 pouvaient enfin laisser place à la lumière, à des mélodies pop. On pouvait de nouveau renvoyer les punks dans les cordes et hurler son amour des Beatles, des Stones et des Beach Boys. Soit. Au moins on se ferait moins chier que devant la coupe improbable de Robert Smith ou des trucs du style Depeche mode. Mais là où les Stone Roses ont été forts, c'est qu'ils n'ont pas fait un revival de plus. Leurs mélodies et harmonies vocales ont été boostées par un groove hallucinant, servi par une ossature basse-batterie énorme. Du caviar pour John Squire, guitariste élégant et inspiré qui envoie chaque morceau un peu plus loin vers la perfection pop.

Alors, voilà. J'ai 16 ans, et j'entends ces guitares cristallines, ces mélodies tombées d'un paradis pop inaccessible, le tout sur un rythme d'enfer. L'âge idéal. Et en plus, c'est l'été. Qu'on se rassure, The Stone Roses se déguste à n'importe quel âge et à n'importe quelle saison. Il vous transportera simplement illico sous un ciel bleu, et vous donnera l'impression béate d'avoir à nouveau 16 ans.

I wanna be adored ouvre l'album et le titre résume tout. Ces gosses veulent être adorés. Tout simplement. Mais sans faire la pute. Ils veulent être adorés pour ce qu'ils sont. Ils veulent une reconnaissance de leur talent, de leur univers, mélange de pop, de groove, de psyché, de Pollock et de fumette. Ils veulent mettre l'Angleterre à genoux, et savent qu'ils y parviendront. L'album ne contient que des grands morceaux, qui ont l'évidence de ce qui a été créé dans l'urgence, dans une sorte de bouillonnement adolescent que rien ne peut endiguer. Ces mecs là étaient tout bonnement sur un nuage. Et ils ont fait grimper dessus tous ceux qui ont écouté les fantastiques Waterfall, Bye bye Badman, This is the one.

Personnellement, je n'en suis pas encore redescendu.

Waterfall en vidéo :


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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 14:06



A l'origine, c'est un morceau de Massive Attack (un groupe qui m'a jamais fait grand chose,exception faite de leur premier album dans lequel officiait un certain Tricky). La version qu'en propose Dulli avec ce diable de Lanegan est hallucinante de noirceur, de lyrisme et elle me vrille les neurones. Bonne écoute.
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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 12:51


A Matt, mon frère de rue

A chacun ses films cultes. Quand on a été ado dans les années 90, évidemment, on retrouve bon an mal an et pas forcément dans cet ordre : Pulp fiction, Trainspotting, Fight club... Ces films sont entrés dans le panthéon du cinéma, ils apportaient des nouveautés formelles, et chacun à sa manière proposait une manière subversive de voir le monde, ce qui a fait couler beaucoup d'encre. Pulp fiction a été taxé de film débilitant, gavé de violence gratuite, Trainspotting serait une apologie de la drogue (sic), et Fight club a été vu par nombre de critiques réactionnaires comme un film fasciste (rien que ça). Quel rapport avec Les Apprentis de Salvadori me direz-vous ? Aucun. Si ce n'est que ce film est devenu, pour moi, à la même période, aussi culte et important que les films de Tarantino, Boyle, et Fincher.

Salvadori est un réalisateur qui semble condamné à sortir des films qui seront toujours qualifiés de "bons petits films". "Bon" parce que très bien écrit, "petit" parce que le réalisateur est toujours tendre avec ses personnages et qu'en France, une comédie ne peut pas être un grand film. Voilà. Salvadori fait des bons petits films. Il s'appellerait Woody Allen, Les apprentis serait au pire un bijou, au mieux un chef-d'oeuvre. Mais il s'appelle Salvadori...

Sorti en 1995, Les apprentis est une merveille d'écriture, dans laquelle excellent Guillaume Depardieu et surtout l'immense François Cluzet. Les deux acteurs portent le film et les dialogues semblent taillés pour eux. Je ne sais pas s'ils ont improvisé pendant le tournage, mais l'entente entre les deux est palpable, on sent qu'ils ont pris un réel plaisir à tourner ensemble. Le film captait à merveille l'époque et en cela il n'a pas pris une ride. En pleine période pouvoir d'achat, on y voit deux losers qui ont réellement du mal à joindre les deux bouts et ne doivent d'avoir un toit au-dessus de leur tête que grâce à un pote.

Alors oui, pour moi ce film n'est pas qu'un "bon petit film". C'est un film culte, dont je connais par coeur les dialogues, souvent hilarants et qu'on se refaisait inlassablement entre potes. "Tu peux pas pisser sur le bord comme tout le monde ?" "Faut que je m'affirme, sinon j'ai pas l'impression de pisser". Les dialogues, justement. Ils sonnent justes, tout le temps. Salvadori se paye même le luxe de faire dire à Depardieu ce qu'un fils peut dire de pire à son père : "tu sais, grand-père avait raison, il m'a toujours dit, c'est triste mais ton père est un crétin..."

Les apprentis est un film doux amer, faussement dilettante et finalement profond et grave. La dernière image redonne espoir, le personnage de Cluzet semblant refaire surface, regoûter à la vie, aux plaisirs simples de jouer, après une sévère dépression. Et Salvadori, à travers le personnage de Cluzet, transmet parfaitement ce besoin de vivre, quoi qu'il arrive, de surmonter les doutes et de saisir l'instant présent. Alors voilà, ce petit film est dans mon panthéon perso, et je lui voue un vrai culte.

ps : le coup de l'histoire de la petite cousine (voir la vidéo), si vous voulez le faire, assurez-vous d'être avec un pote compréhensif...

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 14:16

Un été comme je les aime : le cinéma américain me gâte. Retour d'X-files, avec l'équipe originelle (Carter, Duchovny, Anderson), retour de Star Wars (certes en 3D, mais je ne bouderai pas mon plaisir) et retour du Dark Knight aux prises avec rien moins que le Joker !

Alors que la série est définitivement arrêtée (neuf saisons, tout de même et 200 épisodes), voilà que débarque de nulle part ce nouveau film. Cette fois, point de mythologie, juste un épisode boosté pour le cinéma, même Mark Snow nous a pondu une partition avec moults orchestrations, pour la peine. Mais quel bonheur de retrouver Mulder et Scully, qui ne font plus partie du FBI, et quel bonheur de retrouver l'ambiance particulière des X-files...

Le film débute très bien, comme un classique d'X-files : Carter plante le décor et assène au spectateur un montage rapide qui met en parallèle deux événements : la découverte dans une plaine neigeuse et désertique
d'un bras par un prêtre pédophile aux dons de voyance aidé d'une troupe d'agents du FBI, et l'agression d'une femme à son domicile la nuit. Dès lors, on sait qu'on aura droit ni plus ni moins qu'à un épisode, prétexte à revoir les deux ex-agents du FBI.

On retrouve donc Mulder, hirsute, replié sur lui-même, dans une vieille maison, toujours obsédé par la disparition de sa soeur. Son bureau de travail ressemble à s'y méprendre à celui qu'il avait au FBI, le poster "I want to believe" a juste un peu vieilli, les coupures de presse tapissent sauvagement ses murs. La scène est magistrale, pour peu qu'on se soit intéressé à la série. Alors pour un type qui tient Mulder en héros, imaginez... On le voit toujours accro aux graines de tournesol, toujours aussi sybillin, et il a visiblement du mal à rester chez lui, sans rien faire (en témoigne les crayons de papier qu'il s'amuse à planter dans son plafond).

Scully, elle, s'est déconnectée de tout ça, pour se rapprocher de sa profession d'origine - médecin - et de ses croyances, on la retrouve travaillant dans un hopital catho. Elle n'a de cesse de fuir les "ténèbres" dans lesquelles son travail au FBI avec Mulder l'a si souvent plongée. Pourtant c'est elle qui vient retrouver Mulder pour une nouvelle affaire.

Même si le film s'essouffle vers la fin, il retrouve tout de même ce qui a fait la grandeur de la série (certes pas tout, mais une bonne partie). L'humour de Mulder est toujours aussi percutant, et Carter réussit une incursion hilarante dans le politique pour la meilleure attaque contre Bush qui m'ait été donné de voir : alors que Mulder et Scully se retrouvent au FBI, ils regardent une photo de leur président et Carter fait résonner le gimmick musical de la série (tada tada tadaa), indissociable désormais du paranormal et des théories du complot... Plus besoin de discours, la messe est dite. La caméra s'arrête ensuite sur le portrait d'un certain J. Edgar Hoover...

Bref, X files, I want to believe est une très bonne surprise, qui m'a donné envie d'accélérer la vision de l'intégrale de la série... Reste à savoir si Carter, Duchovny et Anderson ont mis définitivement de côté les X files avec ce film ou s'il s'agit d'une mise en jambe avant la suite.
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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 15:33


Time out of mind. Le temps. Probablement la notion clé de l'oeuvre dylanienne. Peut-être est-il le seul artiste à avoir su se jouer du temps, à lui avoir fait la nique. Forever young. Toujours à contre-temps. Ou peut-être évolue-t-il simplement dans un temps toujours différent du nôtre. Lorsqu'est sorti cet album, en 1997, Dylan est depuis longtemps relégué au rayon des souvenirs, des légendes. Il a ruiné son retour en grâce rapidement, en sortant Under the red sky immédiatement après le très réussi Oh mercy, et s'est fait oublier, comme à son habitude. Le temps s'écoule donc sans lui. A une vitesse qui n'est plus la sienne. "Yesterday everything was goin' too fast, today it's movin too slow" chante le Zim dans Standing in the doorway. Tout s'est ralenti pour lui, alors que le monde continue sa course folle. Incapable d'aller au même train que les autres, soit c'est trop rapide, soit c'est trop lent. Pourtant, à sa sortie, Dylan récolte toutes les louanges et redevient l'artiste incontournable, dépassant une fois encore son statut de légende vieillissante pour être à nouveau, et assez paradoxalement en 1997, de son temps. Time out of mind débarque donc, rempli de vieux blues, de longues ballades, avec un chanteur à la voix de canard fumeur de Gauloises et buveur de  Whisky en plein milieu de l'apogée du Trip Hop, et de la sophistication d'un Ok computer. Dix ans après, entre ces deux titres d'album, on se rend compte qu'il y a tout un monde, et en ce qui me concerne, il n'y pas photo pour savoir quel disque a le meilleur titre...


Très jeune j'ai été fasciné par les titres de chansons de Bob Dylan, titres que je retrouvais dans des articles ou en fouillant dans les bacs des disquaires. It takes a lot to laugh, it takes a train to cry, As I went out one morning, Motorpsycho nightmare, quasiment tous ces titres laissaient entrevoir des univers riches et profonds, enveloppés de mystères, et bordel qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire "It takes a train to cry" ? Time out of mind est certainement le plus beau titre jamais trouvé par Dylan pour nommer un de ses albums. Il a la concision d'un vers de haïku, et surtout, sied à merveille à la musique du disque.

Dans cet album, on entend un Dylan fatigué, guetté par la mort, mais qui continue inlassablement sa route, parce qu'il n'y a rien d'autre à faire. Les mots claquent et tapent là où ça fait mal, et comme à chaque fois, la diction unique de Dylan fait le reste. Il sait exactement comment lancer les mots. Il traîne là où il faut, accélère pile au bon moment, peut marmonner ou se montrer aussi clair qu'un Sinatra... Aux visions rimbaldiennes des sixties ont succédé des visions post apocalyptiques, en témoigne l'ouverture du disque et cette phrase "I'm walkin', through streets that are dead". Les paysages sont vides et désôlés, mais quelqu'un, une fille évidemment, accompagne toujours Dylan qui ajoute "walkin' with you in my head". Et voilà : dès les deux premières phrases il résume les deux axes de ce disque incroyablement homogène : la solitude et l'amour. Love sick, le titre qui ouvre l'album est une sorte de longue ballade morne, dans laquelle Dylan se dit à la fois malade et fatigué d'amour, et pourtant toujours amoureux. La rancoeur naît de la passion "i wish i'd never met you" chante-t-il fatigué. Les arrangements sont discrets, le morceau est nu, décharné, comme vidé de sa substance, et dans ce désert subsiste la voix de Dylan, qui en est réduit à entendre des voix "did I hear someone tell a lie ?" ou à avoir des visions "I see silhouettes in the window", et le temps, encore lui, fait son office : "I hear the clock tick". Tout a beau être vide, de sens et d'êtres, l'horloge continue ses tours et le silence est habité de fantômes "sometimes, the silence can be like the thunder". Ce sentiment d'abandon, de perte, de solitude, on le retrouve tout au long de ce disque funèbre, au détour de phrases glaçantes :  "when you think you've lost everything, you find that you can always lose a little more".


Le disque alterne blues ancestraux, joué sans esbrouffes, par un orchestre qui laisse la place à Dylan, tout en tissant une ambiance étrange, comme si les morceaux étaient interprétés d'un endroit lointain, prêt à s'effacer comme la poussière offerte au vent, et ballades déchirantes (Tryin' to get to heaven, Not dark yet, To make you feel my love). Les fulgurances poétiques sont nombreuses et au diapason de l'inspiration musicale retrouvée. Dylan nous dit en substance que rien ne va plus, qu'on l'a laissé tomber, que l'amour fait diablement mal... rien de très original me direz-vous, sauf que c'est Dylan qui en parle, et brillament. "Don't know if i saw you, if i would kiss you or kill you, it probably wouldn't matter to you anyhow", qui d'autre que lui peut chanter ça ? On peut penser qu'il parle toujours de la même fille, celle d'Idiot wind et que de l'eau a coulé sous les ponts. Mais, cette fois, le constat est amer : elle en aura probablement rien à faire. La fille a changé d'époque, a su prendre le train en route, ce que Dylan n'a jamais su faire.


Time out of mind est un disque de fantômes, sa musique s'en ressent, tant elle semble enveloppée d'une gaze impalpable. Dylan est hanté par des voix, des souvenirs. Des amours qu'il ne parvient pas à oublier " My love for her is taking such a long time to die". Il semble perpétuellement hésitant entre la fuite en avant et l'envie de revenir en arrière, à la maison " Gon' walk down that dirt road until my eyes begin to bleed". Finalement il se contente de suivre son chemin, à son rythme, en prenant le temps nécessaire, un temps allongé, étiré, comme sur les 16 minutes du morceau Highlands qui clôt l'album. Un temps en dehors de tout, out of mind. Un temps qui n'appartient qu'à lui.

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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 11:11


Depuis 1999 et l'hallucinant Pre millenium tension, je n'ai suivi que de très loin les travaux de Tricky. Les reviews polies de ses albums laissaient penser ce que je redoutais : le génie de Bristol était allé trop loin, trop vite et s'était cramé les ailes. Pourtant, il semblait poursuivre sa route du mieux possible, en essayant moins de faire mieux que différent. Exilé à Los Angeles, loin donc de la grisaille de Bristol et de sa banlieue, Tricky, adoubé depuis longtemps par la presse, se cognait contre une réalité évidente : toute sa carrière se ferait maintenant à l'ombre de ses deux premiers chefs-d'oeuvre, Maxinquaye et Pre millenium tension. Sur Vulnerable, il tentait un truc casse gueule : essayer de faire une musique accessible au plus grand nombre, sans pour autant renier ce qu'il est, ce qui donnera lieu à des collaborations douteuses (Cyndi Lauper et Alanis Morrissette, ça refroidit quand même), et à un disque à oublier.

La sortie de Knowle west boy (du nom du quartier où il a grandi) sur un autre label n'a rien changé : les chroniques ont à nouveau convoqué Maxinquaye pour évoquer les nouvelles compos de Tricky, laissant entendre que cette fois était la bonne : Tricky est vraiment de retour, et ouvrez vos oreilles, c'est au moins aussi bon que ce qu'il a fait de mieux. Bon, comme d'hab, la presse tente de nous faire passer des vessies pour des lanternes. Knowle west boy est à la fois rassurant et inquiétant, frustrant. Il est en effet ce que Tricky a fait de mieux depuis des lustres, une décennie en fait. Il contient de bons morceaux, et des choses beaucoup plus anecdotiques. Le problème étant que les bons morceaux n'apportent rien, ne sont plus inventifs, ne défrichent plus de nouveaux horizons musicaux comme autrefois, ils sont juste bons. On a droit à une ballade mélancolique, réussie, mais d'autres que lui aurait pu la sortir, alors que personne n'aurait pu écrire comme lui avant. On a droit à beaucoup de titres différents, Tricky décrivant lui-même ce nouvel effort comme une sorte de mix-tape, à la manière des compils maisons qu'on se faisait entre potes sur cassette. Le tout est donc frustrant : ça fait un bail que j'attends son grand retour, et qu'il ne vient pas. paradoxalement, ce disque est tout de même aussi assez rassurant : d'abord parce que Tricky semble vouloir retrouver ses racines (son quartier, et ce qu'il ressentait en y vivant, éternel gamin qui n'a sa place nulle part, trop blanc pour les noirs, trop noir pour les blancs), ensuite parce qu'il contient de bons moments, comme si la machine allait être relancé un de ces quatre. Patience, donc.

Finalement, moi aussi je tombe dans le panneau et je suis incapable de juger d'un disque de Tricky en occultant ce qu'il a fait avant. Le génie ne souffre pas l'ordinaire. Tricky en fait l'amer constat tous les jours depuis dix ans maintenant.

Tricky à la grande époque :


Tricky 2008



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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 21:36

Be kind, rewind (en vf : Soyez sympas, rembobinez) est le dernier film de Michel Gondry. On y retrouve tout ce qui fait l'intérêt de l'univers du cinéaste, fait d'inventivité et de poésie avec trois bouts de ficelle, et son amour du cinéma. L'histoire est simple et assez manichéenne - les scénarios n'ont jamais été le fort de Gondry : un vidéo club tenu par Dany Glover est sur le point d'être fermé, détruit et remplacé par des immeubles flambant neufs. Le vieux gérant confie donc les clés du magasin à Mos Def pour aller voir comment fait la concurrence. Concurrence qui est passée depuis un moment déjà aux dvds !

A cette trame de départ s'ajoute un certain Jack Black, parfait en acolyte de Mos Def, complètement barré, persuadé que le gouvernement manipule les gens par des ondes. En fait il est le prolongement du personnage de disquaire qu'il jouait dans High Fidelity. Il se trouve qu'il démagnétise (involontairement) toutes les bandes VHS et va créer la pagaille dans le vieux vidéo club.

Les deux compères se retrouvent donc obligés de tourner leurs propres versions des films, avec les moyens du bord, en espérant que ça passera avec les quelques habitués un peu timbrés du vidéo club. Les voilà donc à rejouer des scènes de Ghostbuster, pour commencer. Rapidement, tout le quartier s'arrache ces films bricolés, "swedés" selon l'expression de Jack Black, et tout y passe : de 2001 l'odyssée de l'espace au Roi Lion, en passant par Miss Daisy et son chauffeur.

Gondry rend donc hommage au ciné, aux vieux quartiers, à la bricole, à la VHS, à l'entraide, aux commerces de quartier, aux personnages naïfs, illuminés, attachants. Heureusement, ses déclarations d'amour ne sentent pas le renfermé et le "c'était mieux avant", au contraire même. Le film est idéal pour l'été, et finalement assez anecdotique. Restent le plaisir de voir Jack Black s'éclater comme un fou, le plaisir de voir comment avec des guirlandes on peut faire les lasers de Ghostbuster, ou comment rejouer une scène de 2001 en carton pâte. Et l'envie de s'y essayer avec des potes. Et vous, quel film voudriez-vous sweder ?
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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 18:05

L'ami Max a chroniqué le nouvel album des 31 Knots, avant sa sortie par chez nous, et c'est ici que ça se passe. Le disque est dément, ce qui fait tout de même trois chefs-d'oeuvre de suite pour ces génies. Si vous pensez que j'enchaîne les superlatifs c'est que vous n'avez pas encore entendu le moindre morceau de ces gars-là. Leur musique est unique, tout simplement.

Donc, afin de mettre tout le monde d'accord : Compass commands est ajoutée sur la playlist. Bonne écoute.

Et il y aura une piqûre de rappel, ici même, le 10 septembre, date de la sortie de leur Worried well, parce que c'est pas tous les jours qu'un groupe pareil déboule et qu'il serait grand temps qu'il joue devant plus de 50 personnes... C'est mon côté Blues Brothers qui ressort, je suis en mission pour le Seigneur.


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